Créer une EURL demande deux à trois semaines et environ 185 € de frais légaux en 2026 : statuts, dépôt du capital, annonce légale à 124 € HT, déclaration au guichet unique de l’INPI, extrait d’immatriculation. Les décisions qui comptent se prennent avant : le régime fiscal, impôt sur le revenu par défaut ou option pour l’impôt sur les sociétés, le montant du capital, et la rémunération du gérant, qui relève du régime des travailleurs non salariés avec des cotisations dues même sans revenu.
En bref
- Une SARL à associé unique : responsabilité limitée à l’apport, parts sociales, gérant obligatoire.
- Capital libre à partir de 1 €, apports en numéraire libérés d’au moins un cinquième à la création.
- Gérant associé unique affilié au régime des travailleurs non salariés : cotisations plus faibles qu’un président de SASU, protection plus réduite, cotisations minimales même sans rémunération.
- Impôt sur le revenu par défaut, option pour l’impôt sur les sociétés révocable pendant cinq exercices.
- Dividendes soumis à cotisations sociales pour la part qui dépasse 10 % du capital, des primes et du compte courant.
- Frais légaux 2026 : annonce légale 124 € HT, greffe et bénéficiaires effectifs 58,86 € TTC.
Pourquoi créer une EURL plutôt qu’une SASU ou rester en micro-entreprise
L’EURL est la forme unipersonnelle de la SARL. Son intérêt tient à deux choses : un coût social de la rémunération plus faible que celui d’un président de SASU, et un régime fiscal de départ à l’impôt sur le revenu, qui permet d’imputer un déficit de démarrage sur les autres revenus du foyer. Elle convient à celui qui a besoin de se verser un revenu régulier dès la première année et qui accepte une protection sociale plus réduite, sans indemnités journalières aussi étoffées ni retraite complémentaire aussi favorable qu’au régime général.
Face à la micro-entreprise, la bascule se décide sur les charges réelles. Tant que vos frais restent sous l’abattement forfaitaire du régime micro et que vos recettes restent sous 83 600 € en prestation de services ou 203 100 € en vente, le micro reste souvent moins cher. Au-delà, ou quand vous investissez, l’EURL au réel déduit vos charges et vous permet de piloter votre rémunération. Notre article sur le passage de la micro-entreprise à la société détaille ce point de bascule avec un exemple chiffré.
EURL ou SASU : le tableau qui tranche
| Critère | EURL | SASU |
|---|---|---|
| Statut du dirigeant | Gérant associé unique, travailleur non salarié | Président assimilé salarié |
| Cotisations sans rémunération | Cotisations minimales dues | Aucune |
| Cotisations sur la rémunération | Plus faibles | Plus élevées, protection plus large |
| Dividendes | Cotisations au-delà de 10 % du capital, des primes et du compte courant | Prélèvement forfaitaire de 31,4 %, sans cotisations |
| Régime fiscal par défaut | Impôt sur le revenu, option IS possible | Impôt sur les sociétés, option IR limitée à cinq exercices |
| Trimestres de retraite | Validés dès les cotisations minimales | Aucun sans rémunération |
| Cession des titres | Parts sociales, droits de 3 % après abattement | Actions, droits de 0,1 % |
Le bon choix dépend du revenu dont vous avez besoin, des autres revenus de votre foyer et de ce que vous comptez faire du résultat. Notre simulateur dividendes ou salaire compare les deux formes sur le modèle de l’Urssaf. Le guide voisin explique comment créer une SASU si le tableau penche de ce côté.
Les décisions à prendre avant les statuts
Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés
Une EURL dont l’associé unique est une personne physique relève de l’impôt sur le revenu : le bénéfice s’ajoute aux revenus du foyer, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ou non commerciaux selon l’activité, que vous l’ayez prélevé ou non. L’option pour l’impôt sur les sociétés se prend dans les statuts ou dans les trois premiers mois de l’exercice. Depuis 2019, elle peut être révoquée jusqu’au cinquième exercice, ce qui laisse le droit à l’erreur.
La règle de décision est simple à énoncer. Si vous prélevez la quasi-totalité du résultat, l’impôt sur le revenu évite une double imposition et simplifie tout. Si vous laissez une partie du résultat dans la société pour investir ou constituer une trésorerie, l’impôt sur les sociétés, à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice sous conditions puis 25 %, devient plus intéressant. Le calcul se refait quand votre situation change, et l’option se révoque tant que le délai court.
Le capital et sa libération
Aucun minimum : 1 € suffit. Les apports en numéraire doivent être libérés d’au moins un cinquième à la constitution, le solde dans les cinq ans. Un capital symbolique a deux effets à connaître. La banque le lit comme un signal d’engagement quand vous demandez un prêt. Et le seuil de 10 % au-delà duquel les dividendes du gérant supportent des cotisations sociales se calcule sur le capital, les primes d’émission et le compte courant : plus le capital est faible, plus la part des dividendes taxée comme une rémunération est grande. Un apport en nature, matériel ou fonds, suppose un commissaire aux apports, sauf dispense quand aucun apport ne dépasse 30 000 € et que l’ensemble ne dépasse pas la moitié du capital.
Le gérant et sa rémunération
L’EURL a un gérant, personne physique, qui est le plus souvent l’associé unique. Il relève alors du régime des travailleurs non salariés, avec des cotisations calculées sur sa rémunération et, à l’impôt sur le revenu, sur le bénéfice. Des cotisations minimales sont dues même sans revenu : elles ouvrent des droits, notamment des trimestres de retraite. Un gérant tiers, non associé, relève en revanche du régime général.
La rémunération se fixe par décision de l’associé unique. Elle est déductible du résultat quand la société est à l’impôt sur les sociétés. À l’impôt sur le revenu, elle se confond avec le bénéfice imposé entre vos mains. Dans les deux cas, prévoyez la trésorerie des cotisations : les appels de la première année sont calculés sur une base forfaitaire, puis régularisés quand le revenu réel est connu.
Le siège, la date de clôture et la TVA
Le siège peut être fixé chez le gérant, sans limite s’il est propriétaire ou si le bail le permet, sinon pendant cinq ans. Le premier exercice peut aller jusqu’à dix-huit mois. Le régime de TVA se choisit au dépôt du dossier : franchise en base sous 37 500 € de services ou 85 000 € de ventes, régime simplifié ou réel normal au-delà ou sur option. Sortir de la franchise dès le départ permet de récupérer la TVA sur les investissements.
Les étapes de création, dans l’ordre
1. Rédiger les statuts
Les statuts d’EURL mentionnent la forme, la dénomination, l’objet, le siège, la durée, le capital et la répartition des parts, la libération des apports, l’identité du gérant ou son mode de nomination, et le régime fiscal choisi. Un modèle officiel de statuts types existe pour l’EURL dont l’associé unique est aussi gérant : il s’applique par défaut si vous n’en fournissez pas d’autre. Il couvre le minimum et rien de plus. Les clauses qui organiseront l’entrée d’un associé, la rémunération du gérant ou le compte courant se rédigent avant la signature.
2. Déposer le capital
Les apports en numéraire sont déposés sur un compte bloqué ouvert au nom de la société en formation, auprès d’une banque ou d’un notaire, qui délivre une attestation de dépôt. Les fonds sont libérés sur présentation de l’extrait d’immatriculation. Commencez par cette ouverture de compte : c’est elle qui fixe la durée réelle de votre création.
3. Publier l’annonce légale
L’avis de constitution paraît dans un support habilité du département du siège. Pour une EURL, le tarif 2026 est forfaitaire : 124 € HT en métropole, le moins cher des formes commerciales. L’attestation de parution rejoint le dossier.
4. Déposer le dossier au guichet unique
La formalité se fait en ligne sur le guichet unique de l’INPI, seul point d’entrée depuis le 1er janvier 2023. Pièces attendues : statuts signés, attestation de dépôt des fonds, attestation de parution, justificatif du siège, pièce d’identité du gérant, déclaration de non-condamnation et d’affiliation, déclaration des bénéficiaires effectifs. Les frais se règlent en ligne : 37,45 € pour l’immatriculation et 21,41 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, soit 58,86 € TTC.
5. Recevoir l’extrait Kbis
Le greffe immatricule la société sous quelques jours ouvrés quand le dossier est complet. Le SIREN, le code APE et le numéro de TVA suivent. La banque débloque le capital et l’activité peut commencer. Les engagements pris pour la société en formation et listés en annexe des statuts sont repris automatiquement.
Combien coûte la création d’une EURL en 2026
| Poste | Montant 2026 | Obligatoire |
|---|---|---|
| Annonce légale de constitution (métropole) | 124 € HT | Oui |
| Immatriculation au registre du commerce | 37,45 € TTC | Oui |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 21,41 € TTC | Oui |
| Dépôt du capital | Selon la banque ou le notaire | Oui |
| Domiciliation commerciale | Abonnement mensuel, si le siège n’est pas chez vous | Non |
| Commissaire aux apports | Sur devis, seulement pour un apport en nature non dispensé | Selon les apports |
| Rédaction des statuts et accompagnement | Sur devis | Non |
Créer une EURL gratuitement n’existe pas : les frais légaux sont dus dans tous les cas. Les offres « à 0 € » se financent par un abonnement souscrit ensuite. Ce qui vaut d’être comparé, c’est le contenu des statuts et l’interlocuteur qui répond quand le greffe rejette une pièce. Notre page sur les tarifs d’un expert-comptable explique comment un devis se construit.
Après l’immatriculation
La société tient une comptabilité d’engagement, établit des comptes annuels, les fait approuver par l’associé unique dans les six mois de la clôture et les dépose au greffe. Notre page sur l’approbation des comptes annuels décrit cette séquence. Le gérant reçoit ses appels de cotisations de l’Urssaf, calculés d’abord sur une base forfaitaire, puis régularisés.
Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise doit pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs par une plateforme agréée. L’obligation d’émettre s’étendra aux PME et aux microentreprises au 1er septembre 2027. Choisissez dès le départ un outil de facturation qui traite les deux sens.
Les erreurs que nous corrigeons le plus souvent
- L’option pour l’impôt sur les sociétés cochée par réflexe, alors que le gérant prélève tout le résultat et se retrouve imposé deux fois.
- Le capital à 1 €, qui fait basculer presque tous les dividendes dans l’assiette des cotisations sociales.
- Les cotisations de la première année non provisionnées : la régularisation de la deuxième année arrive quand le revenu réel est connu, et elle surprend.
- Le compte courant d’associé jamais formalisé, alors qu’il finance souvent le démarrage et qu’il conditionne le seuil des 10 %.
- La franchise de TVA conservée alors que la société investit.
- Le dossier incomplet au guichet, qui coûte une à deux semaines.
Ce que Myne prend en charge
Nous instruisons avec vous le choix du régime fiscal, du capital et de la rémunération, chiffres à l’appui, puis nous rédigeons ou relisons les statuts, préparons le dossier d’immatriculation, suivons son traitement et ouvrons le dossier comptable : régime de TVA, calendrier, outil de facturation, appels de cotisations du gérant. La mission est décrite sur notre page d’accompagnement à la création d’entreprise. Si votre projet réunit plusieurs associés, lisez plutôt notre guide pour créer une SARL.
Première réponse sous 24 heures ouvrées via notre formulaire de contact.
Questions fréquentes
Combien de temps pour créer une EURL ?
Deux à trois semaines, dont l’essentiel tient à l’ouverture du compte de dépôt du capital. Le guichet unique et le greffe traitent ensuite le dossier en quelques jours ouvrés quand il est complet.
Créer une EURL, combien ça coûte ?
Environ 185 € de frais légaux en 2026 : 124 € HT d’annonce légale et 58,86 € TTC de frais de greffe et de déclaration des bénéficiaires effectifs. L’accompagnement et la domiciliation s’ajoutent selon vos choix.
Qui peut créer une EURL ?
Toute personne physique ou morale, seule. Une EURL peut aussi avoir pour associé unique une autre société, auquel cas elle relève de l’impôt sur les sociétés d’office.
Peut-on créer une EURL et rester salarié ?
Oui, sous réserve des clauses d’exclusivité ou de non-concurrence de votre contrat de travail. Le gérant associé unique cotise au régime des indépendants en plus de ses cotisations de salarié, avec des cotisations minimales même sans revenu.
Faut-il un capital minimum pour une EURL ?
Non, 1 € suffit légalement. Un capital plus élevé facilite le financement et réduit la part des dividendes soumise à cotisations sociales.
Une EURL peut-elle devenir SARL ?
Oui, l’entrée d’un second associé transforme l’EURL en SARL sans changement de forme juridique. Il faut une cession ou une augmentation de capital, une modification des statuts et une formalité au guichet unique.
Sources
- Code de commerce, article L. 223-9 (apports en nature en SARL et EURL).
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, fiscalité de l’EURL et option pour l’impôt sur les sociétés dans les statuts.
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, tarifs des annonces légales 2026 (arrêté du 19 novembre 2025).
- INPI, créer son EURL au guichet unique.
Page vérifiée le 23 septembre 2026. Les seuils de TVA et de micro-entreprise sont ceux applicables en 2026.
