Créer une SASU prend deux à trois semaines quand le dossier est complet : rédaction des statuts, dépôt du capital sur un compte bloqué, publication d’une annonce légale, déclaration au guichet unique de l’INPI, puis réception de l’extrait d’immatriculation. Les frais obligatoires se montent à environ 200 € en 2026. Le vrai travail est ailleurs : le capital, le régime fiscal et la rémunération du président se décident avant les statuts, et ces trois choix pèsent sur vos cotisations et sur vos impôts pendant des années.
En bref
- Un seul associé, personne physique ou société, qui ne perd que son apport.
- Capital libre à partir de 1 €, apports en numéraire libérés d’au moins la moitié à la création.
- Président assimilé salarié : cotisations du régime général sur la rémunération, rien sans rémunération, pas d’assurance chômage.
- Impôt sur les sociétés par défaut, option pour l’impôt sur le revenu pendant cinq exercices au plus.
- Frais légaux 2026 : annonce légale 142 € HT, greffe et bénéficiaires effectifs 58,86 € TTC.
- Comptabilité d’engagement, comptes annuels à approuver puis à déposer chaque année.
La SASU est-elle la bonne forme pour votre projet ?
La SASU est une SAS à associé unique. Elle convient quand vous voulez une société sans associé, une responsabilité limitée à vos apports et un statut de dirigeant rattaché au régime général de la sécurité sociale. Elle convient moins bien quand vous avez besoin de vous verser une rémunération modeste dès le début, parce que le coût social de cette rémunération est plus élevé que celui d’un gérant d’EURL.
Trois profils reviennent dans les dossiers que nous ouvrons. Le consultant ou le prestataire qui quitte la micro-entreprise parce que ses charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire, ou parce qu’il approche du plafond de 83 600 € de recettes en prestation de services. Le salarié qui lance une activité en parallèle et ne veut pas de cotisations tant qu’il ne se rémunère pas. Le créateur qui prévoit d’ouvrir son capital à un associé ou à un investisseur dans les deux ans, la SASU devenant SAS sans transformation.
SASU ou EURL : ce qui change vraiment
| Critère | SASU | EURL |
|---|---|---|
| Dirigeant | Président, assimilé salarié | Gérant associé unique, travailleur non salarié |
| Cotisations sans rémunération | Aucune | Cotisations minimales dues même sans revenu |
| Cotisations sur la rémunération | Plus élevées, protection plus large (retraite complémentaire, prévoyance) | Plus faibles, protection plus réduite |
| Dividendes | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026, pas de cotisations | Cotisations sociales sur la part qui dépasse 10 % du capital, des primes et du compte courant |
| Régime fiscal par défaut | Impôt sur les sociétés | Impôt sur le revenu, option possible pour l’IS |
| Cession des titres | Actions, droits d’enregistrement de 0,1 % | Parts sociales, droits de 3 % après abattement |
| Entrée d’un associé | Devient SAS sans changement de forme | Devient SARL sans changement de forme |
Le choix se chiffre sur votre situation : revenu dont vous avez besoin la première année, autres revenus du foyer, projet d’ouvrir le capital. Notre simulateur dividendes ou salaire compare les deux formes avec les cotisations réelles de l’Urssaf. Si vous hésitez encore entre entreprendre seul ou à plusieurs, notre guide pour créer une SAS traite le cas des associés.
Les cinq décisions à prendre avant d’écrire les statuts
Le montant du capital, et ce qui est réellement versé
Aucun minimum légal : 1 € suffit. Un capital très faible pose pourtant deux problèmes concrets. Une banque ou un bailleur lit le capital comme un signal d’engagement, et un capital de 1 € complique un premier prêt ou un bail commercial. Le taux réduit d’impôt sur les sociétés de 15 % exige un capital entièrement libéré. Les apports en numéraire doivent être versés pour au moins la moitié à la constitution, le solde dans les cinq ans. Un apport en nature, matériel, véhicule ou fonds, se fait évaluer par un commissaire aux apports, sauf dispense quand aucun apport ne dépasse 30 000 € et que l’ensemble ne dépasse pas la moitié du capital.
Le siège social
Le siège peut être fixé au domicile du président, sans limite de durée s’il est propriétaire ou si aucune clause du bail ne s’y oppose, sinon pendant cinq ans au plus. Une société de domiciliation ou un local loué sont les deux autres options. Le choix a un effet sur la cotisation foncière des entreprises et sur le tribunal compétent, pas sur le régime fiscal.
Le président et sa rémunération
La SASU a un président, obligatoirement, qui est le plus souvent l’associé unique. Sa rémunération est fixée par décision de l’associé et peut être nulle. Tant qu’elle est nulle, aucune cotisation n’est due, mais aucun trimestre de retraite n’est validé. Dès qu’elle existe, elle donne lieu à un bulletin de paie et à une déclaration sociale mensuelle, avec des cotisations proches de celles d’un cadre. C’est ce coût qu’il faut comparer à celui du gérant d’EURL avant de choisir.
Impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu
La SASU relève de l’impôt sur les sociétés : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice sous conditions, 25 % au-delà. Elle peut opter pour l’impôt sur le revenu pendant cinq exercices au plus si elle a moins de cinq ans, moins de 50 salariés et moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’option a un sens quand les premiers exercices sont déficitaires et que le déficit peut s’imputer sur les autres revenus du foyer. Elle se décide avant la clôture du premier exercice, pas après.
La date de clôture et le régime de TVA
Le premier exercice peut durer jusqu’à dix-huit mois, ce qui évite une clôture quelques semaines après la création. Le régime de TVA se choisit à l’immatriculation : franchise en base tant que le chiffre d’affaires reste sous 37 500 € pour les services et 85 000 € pour les ventes, régime simplifié ou régime réel normal au-delà ou sur option. Une société qui investit dès le départ a intérêt à sortir de la franchise pour récupérer la TVA sur ses achats.
Les étapes de création, dans l’ordre
1. Rédiger et signer les statuts
Les statuts fixent la forme, la dénomination, l’objet, le siège, la durée (99 ans au plus), le capital et sa libération, les règles de nomination et de pouvoirs du président, et le mode de prise des décisions par l’associé unique. Un modèle gratuit couvre le minimum. Il ne prévoit ni la clause qui organisera l’entrée d’un associé, ni la rémunération du président, ni les conventions entre le président et la société. Ces clauses se rédigent avant la signature, parce que les ajouter ensuite suppose une modification des statuts et une nouvelle formalité.
2. Déposer le capital
Les apports en numéraire sont déposés sur un compte bloqué ouvert au nom de la société en formation, auprès d’une banque ou d’un notaire. Le dépositaire remet une attestation de dépôt, pièce obligatoire du dossier d’immatriculation. Les fonds sont débloqués sur présentation de l’extrait d’immatriculation. Le délai d’ouverture de ce compte est souvent l’étape la plus longue de la création : commencez par là.
3. Publier l’annonce légale
Un avis de constitution est publié dans un support habilité du département du siège. Le tarif est forfaitaire pour une SASU : 142 € HT en 2026 en métropole, fixé par l’arrêté du 19 novembre 2025. L’attestation de parution rejoint le dossier.
4. Déposer le dossier au guichet unique
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités passent par le guichet unique des formalités des entreprises, géré par l’INPI. Le dossier comprend les statuts signés, l’attestation de dépôt des fonds, l’attestation de parution, un justificatif de jouissance du siège, la pièce d’identité du président, sa déclaration de non-condamnation et d’affiliation, et la déclaration des bénéficiaires effectifs. Les frais de greffe se règlent en ligne : 37,45 € pour l’immatriculation d’une société commerciale et 21,41 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs, soit 58,86 € TTC.
5. Recevoir l’extrait d’immatriculation
Le greffe délivre l’extrait Kbis après contrôle du dossier, en général sous quelques jours ouvrés quand rien ne manque. Le numéro SIREN, le code APE et le numéro de TVA intracommunautaire arrivent dans la foulée. La banque débloque alors le capital, et la société peut facturer. Les actes passés « au nom de la société en formation » avant cette date sont repris par la société s’ils ont été listés en annexe des statuts ou repris par une décision ultérieure.
Combien coûte la création d’une SASU en 2026
| Poste | Montant 2026 | Obligatoire |
|---|---|---|
| Annonce légale de constitution (métropole) | 142 € HT | Oui |
| Immatriculation au registre du commerce | 37,45 € TTC | Oui |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | 21,41 € TTC | Oui |
| Dépôt du capital | Selon la banque ou le notaire, de 0 à quelques dizaines d’euros | Oui |
| Domiciliation commerciale | Abonnement mensuel, si vous ne domiciliez pas chez vous | Non |
| Commissaire aux apports | Sur devis, seulement en cas d’apport en nature non dispensé | Selon les apports |
| Rédaction des statuts et accompagnement | Sur devis, selon la complexité du montage | Non |
Les offres de création « à 0 € » existent : le prestataire se rémunère par un abonnement, comptable ou bancaire, souscrit dans la foulée, et les frais légaux ci-dessus restent dus. Ce n’est pas une arnaque, c’est un modèle. La question utile est de savoir ce que les statuts fournis contiennent, et qui répondra quand le greffe rejettera une pièce. Notre page sur les tarifs d’un expert-comptable explique comment nous construisons un devis.
Après l’immatriculation : ce qui commence tout de suite
La société doit tenir une comptabilité d’engagement, établir des comptes annuels, les faire approuver par l’associé unique dans les six mois de la clôture et les déposer au greffe. Notre page sur l’approbation des comptes annuels décrit ce calendrier.
Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise doit pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs par une plateforme agréée. L’obligation d’émettre s’appliquera aux PME et aux microentreprises au 1er septembre 2027. Une SASU créée aujourd’hui a intérêt à choisir un outil de facturation qui traite déjà les deux sens.
Si le président se rémunère, chaque mois apporte un bulletin de paie et une déclaration sociale nominative. Notre mission de gestion de la paie couvre ce cas, y compris pour un dirigeant seul. L’impôt sur les sociétés se paie par acomptes trimestriels à partir du deuxième exercice, et la TVA selon la périodicité du régime choisi.
Les erreurs que nous corrigeons le plus souvent
- Un capital de 1 € face à une banque. Le prêt de démarrage ou le bail se négocient plus difficilement, et le taux réduit d’impôt sur les sociétés exige de toute façon un capital libéré.
- Des statuts modèles sans clause de sortie. Tant que vous êtes seul, personne ne s’en aperçoit. Le jour où un associé entre, il faut tout réécrire.
- Une rémunération décidée au premier bulletin. Le coût d’un président assimilé salarié se compare à celui d’un gérant d’EURL avant la création, pas après.
- La franchise de TVA conservée par réflexe. Une société qui achète du matériel ou sous-traite dès le départ perd la TVA sur ses achats.
- Le premier exercice trop court. Une clôture au 31 décembre pour une société créée en novembre impose un bilan pour six semaines d’activité.
- Le dossier déposé avec une pièce manquante. Le rejet du greffe fait perdre une à deux semaines, le temps de compléter et de redéposer.
Ce que Myne prend en charge
Nous instruisons avec vous les cinq décisions ci-dessus, chiffres à l’appui, puis nous rédigeons ou relisons les statuts, préparons le dossier d’immatriculation, suivons son traitement par le guichet unique et ouvrons ensuite le dossier comptable : régime de TVA, calendrier déclaratif, outil de facturation, première paie du président s’il y en a une. La mission est décrite sur notre page d’accompagnement à la création d’entreprise. Un pacte d’associés à négocier ou une activité réglementée relèvent d’un avocat, avec lequel nous travaillons.
Première réponse sous 24 heures ouvrées via notre formulaire de contact.
Questions fréquentes
Combien coûte la création d’une SASU ?
Les frais légaux obligatoires se montent à environ 200 € en 2026 : 142 € HT d’annonce légale et 58,86 € TTC de frais de greffe et de déclaration des bénéficiaires effectifs. Le dépôt du capital, la domiciliation et l’accompagnement s’ajoutent selon vos choix.
Combien de temps faut-il pour créer une SASU ?
Deux à trois semaines en pratique, dont l’essentiel tient à l’ouverture du compte de dépôt du capital. Le traitement du dossier par le guichet unique et le greffe prend ensuite quelques jours ouvrés quand aucune pièce ne manque.
Peut-on créer une SASU en étant salarié ?
Oui, sauf clause d’exclusivité ou de non-concurrence dans votre contrat de travail. Le président non rémunéré ne cotise pas, et le cumul avec un emploi salarié ne pose pas de difficulté sociale. Vérifiez votre contrat avant de signer les statuts.
Quel capital minimum pour une SASU ?
1 €. Le montant réel se fixe selon le besoin de financement du démarrage et selon ce que vos partenaires attendent. Les apports en numéraire sont libérés d’au moins la moitié à la création.
Peut-on créer une SASU gratuitement ?
Non, les frais légaux restent dus. Les offres « gratuites » facturent l’accompagnement autrement, par un abonnement à un service comptable ou bancaire.
SASU ou EURL, laquelle coûte le moins cher ?
À rémunération égale, l’EURL coûte moins de cotisations et protège moins. Sans rémunération, la SASU ne coûte rien socialement mais ne valide aucun trimestre. Le simulateur ci-dessus chiffre les deux avec vos montants.
Sources
- Code de commerce, article L. 227-1 (SAS et SASU, commissaire aux apports).
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, tarifs des annonces légales 2026 (arrêté du 19 novembre 2025).
- INPI, créer sa SASU au guichet unique.
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, fiscalité de la SASU.
Page vérifiée le 23 septembre 2026. Les seuils de TVA et de micro-entreprise sont ceux applicables en 2026.
