La technicité de Myne en tant qu’expert-comptable des galeries d’art
Myne, cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes installé à Paris 17e, accompagne des galeries d’art, des marchands et des éditeurs. Le marché de l’art est l’un des rares secteurs où la TVA a changé de règle récemment : depuis le 1er janvier 2025, le taux réduit s’applique aux livraisons d’œuvres d’art et non plus aux seules importations et ventes par l’auteur, avec une contrepartie qui rend le régime de la marge incompatible sur les mêmes biens. Beaucoup de galeries appliquent encore l’ancien schéma. Les problèmes que ces dossiers soulèvent au quotidien sont connus : deux logiques de TVA mélangées sur un même stock, une facture d’achat de confrère sans mention du régime appliqué, des œuvres en dépôt qui ne sont suivies nulle part, un stock ancien maintenu à sa valeur d’achat, une foire dont les coûts ne sont jamais affectés aux œuvres vendues.
Nous accompagnons nos clients dans la tenue de leur comptabilité par œuvre et par convention, la qualification du régime de TVA lot par lot à l’acquisition, le suivi du stock détenu en propre et des œuvres reçues en dépôt, le rattachement des frais d’exposition, de transport et d’assurance, la paie du personnel permanent et la déclaration des intervenants rémunérés en droits d’auteur, le choix de la structure d’exploitation et la rédaction des contrats d’artistes. Le stock, les dépôts et les conventions d’artistes vivent dans un outil métier, pas dans le journal comptable : nous branchons la comptabilité sur Pennylane, avec Qonto côté flux, et une restitution par convention plutôt qu’un journal de ventes unique.

Les caractéristiques de l’activité de galerie d’art
Dépôt-vente, mandat ou achat ferme : trois comptabilités
Le contrat qui lie la galerie à l’artiste ou au propriétaire détermine qui vend, ce qui figure au bilan et ce qui constitue le chiffre d’affaires.
| Montage | Propriété de l’œuvre | Chiffre d’affaires de la galerie | Stock au bilan |
|---|---|---|---|
| Achat ferme | Galerie | Prix de vente complet | Oui |
| Dépôt-vente | Artiste ou propriétaire jusqu’à la vente | Selon rédaction du contrat | Non, hors bilan à suivre |
| Mandat | Le mandant | Commission seule | Non |
Une galerie qui pratique les trois montages simultanément (le cas normal) a besoin d’un suivi par convention, pas d’un journal de ventes unique. C’est aussi ce qui permet de savoir ce qu’elle détient réellement en dépôt, obligation contractuelle autant que comptable. Dépôt-vente, mandat, exclusivité territoriale, prise en charge des frais de production et d’exposition : ces clauses déterminent le traitement comptable autant que la relation. Le versant artiste est traité sur notre page artiste-auteur.
Stock d’œuvres, foires, transport et assurance
Le stock d’une galerie n’a pas de cote objective. Il se valorise au coût d’acquisition, et sa dépréciation s’apprécie sur la rotation réelle et sur les prix effectivement obtenus : pas sur le prix affiché. Un stock ancien maintenu à sa valeur d’achat est le premier retraitement d’une due diligence ou d’un dossier bancaire. La marge réelle par œuvre se calcule après rattachement des frais d’exposition, de transport et d’assurance.
Une foire concentre une part importante du chiffre d’affaires annuel et un coût fixe engagé plusieurs mois à l’avance. Le rattachement de ces coûts à l’exercice et leur affectation aux œuvres vendues déterminent la marge réelle de l’opération : sans affectation, une foire déficitaire reste invisible dans le résultat annuel. Ces engagements pris longtemps à l’avance se chiffrent mois par mois : notre modèle de plan de trésorerie permet de les placer en regard des encaissements attendus de la foire.
Le droit de suite et la taxe forfaitaire
Le droit de suite est perçu au profit de l’auteur ou de ses héritiers sur les reventes d’œuvres graphiques et plastiques réalisées avec l’intervention d’un professionnel. Il est calculé par tranches dégressives à partir de 4 % et plafonné à 12 500 € par vente. Il n’est ni une charge de structure ni une commission : il se rattache à l’opération et se reverse.
La taxe forfaitaire sur les objets précieux frappe, elle, le vendeur particulier : 6 % pour les objets d’art, de collection et d’antiquité, majorés de 0,5 % au titre de la CRDS, avec une option possible pour le régime des plus-values des particuliers lorsque le vendeur peut justifier de la date et du prix d’acquisition. Une galerie qui intervient comme intermédiaire est souvent chargée de la déclaration et du paiement : c’est une opération pour compte de tiers, à ne pas confondre avec ses propres produits.
Paie et intervenants
Une galerie fait coexister des statuts différents : personnel permanent, régisseurs et assistants d’exposition d’un côté, intervenants rémunérés au titre du droit d’auteur de l’autre. Les deux ne se déclarent pas de la même manière. Notre mission de gestion de la paie et d’accompagnement RH couvre l’établissement des bulletins et les questions de droit social qui s’y attachent.
Les activités voisines : vente pour compte d’autrui, création, biens rares
Vendre pour le compte d’autrui n’est pas vendre son propre stock : les sommes encaissées transitent par des comptes de tiers et la rémunération se prend en frais sur le produit de la vente. C’est le fonctionnement décrit sur notre page commissaire-priseur. Si vous êtes l’auteur des œuvres plutôt que leur diffuseur, le régime change entièrement : cotisations propres au statut, TVA et lissage des revenus d’une année sur l’autre, sujets de notre page artiste-auteur. Enfin, d’autres marchés de biens rares appliquent la même TVA sur la marge et posent les mêmes questions de provenance et de justification du régime amont. Notre page courtier en vins les traite pour le vin.
Décrivez votre activité, vos sources de revenus et la difficulté du moment. Notre équipe vous répond sous 24 h ouvrées.
Le régime fiscal et la structuration de la galerie
Ouvrir une galerie : structure, local, régime de TVA et contrats d’artistes
Ouvrir une galerie suppose trois décisions liées : la forme de la société d’exploitation, le mode de détention du local et le régime de TVA retenu. La première est comparée sur notre page SAS ou SARL, qui met les deux formes en regard et décrit le passage de l’une à l’autre. Le chiffrage de l’ensemble relève du guide du business plan, qui en décrit la partie financière et les hypothèses sur lesquelles elle repose. Depuis l’extension du taux réduit, la qualification de TVA se décide à l’acquisition, œuvre par œuvre : c’est la mission la plus courte et la plus rentable du dossier.
Mécénat et acquisition d’œuvres par les entreprises
Les dispositifs d’acquisition d’œuvres d’artistes vivants par les entreprises et de mécénat ouvrent des déductions ou réductions encadrées, avec des obligations d’exposition et de comptabilisation propres. Ils constituent un argument commercial concret face à une clientèle d’entreprise, et le profil de l’acheteur final pèse sur le choix du régime de TVA : un collectionneur particulier ne récupère rien, un musée ou une entreprise assujettie oui.
Céder la galerie, transmettre une collection
Un repreneur regarde la qualité et la rotation du stock, les contrats d’artistes et leur transférabilité, le fichier de collectionneurs, le bail, et l’exposition au régime de TVA sur les ventes passées. Ce sont ces éléments qu’il retraite avant de proposer un prix : notre méthode de calcul de l’EBITDA normatif détaille ces retraitements et la façon dont ils se lisent en due diligence.
La frontière entre le stock professionnel et la collection personnelle du dirigeant doit être nette et documentée : elle commande le régime d’imposition à la sortie. Lorsque la collection personnelle prend de l’ampleur, sa détention et sa transmission se préparent avec le reste du patrimoine familial : c’est l’objet de notre page family office.

La TVA et les particularités fiscales des galeries d’art
Le taux réduit sur les livraisons d’œuvres d’art, et son incompatibilité avec la marge
Le taux de 5,5 % s’appliquait traditionnellement aux importations d’œuvres d’art, d’objets de collection et d’antiquité, ainsi qu’aux livraisons réalisées par l’auteur ou ses ayants droit. Depuis le 1er janvier 2025, il s’étend aux livraisons d’œuvres d’art réalisées par les assujettis, ce qui modifie l’économie de toute la chaîne.
La contrepartie est décisive et souvent ignorée : le régime de la marge ne peut pas être appliqué à la revente d’un bien acquis en bénéficiant du taux réduit. Une galerie doit donc désormais raisonner par lot, à l’acquisition : soit elle achète sous taux réduit et revendra sur le prix total, soit elle achète auprès d’un non-redevable et conservera la marge. Mélanger les deux logiques sur un même stock produit une TVA indéfendable. Le chiffrage se fait avant l’acquisition, en fonction du profil de l’acheteur final.
La TVA sur marge, et la condition qui la fait tomber
L’article 297 A du CGI permet à l’assujetti-revendeur de n’acquitter la TVA que sur sa marge bénéficiaire, réputée toutes taxes comprises, lorsque l’œuvre a été acquise auprès d’une personne non autorisée à facturer la TVA : un particulier, un artiste en franchise, une succession, ou un autre marchand ayant lui-même appliqué la marge.
Comme dans tout régime de marge, la difficulté n’est pas le calcul mais la preuve : la qualité du vendeur et le régime amont doivent être documentés pièce par pièce, et la facture d’achat d’un confrère doit porter la mention du régime appliqué. Sans elle, la revente relève du prix total, et le rappel porte sur l’ensemble des œuvres de même provenance.
Import, export et admission temporaire
L’importation d’œuvres relève du taux réduit. L’exportation hors de l’Union est exonérée sous condition de preuve de sortie. Le régime d’admission temporaire permet de faire entrer une œuvre pour une exposition ou une foire sans acquitter la TVA à l’entrée, sous réserve de sa réexportation dans les délais : un régime précieux mais qui suppose un suivi rigoureux des échéances, le dépassement rendant la taxe exigible.
Facturation électronique et ventes internationales
Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie doit pouvoir recevoir une facture électronique ; l’émission s’impose aux PME et microentreprises au 1er septembre 2027. Une galerie combine ventes à des particuliers (relevant de l’e-reporting), ventes à des professionnels et opérations transfrontalières, avec la mention du régime de TVA appliqué qui devient critique dans un flux structuré. Le paramétrage se joue alors sur trois points : les mentions que la facture doit porter ; le traitement d’un client étranger, commandé par son lieu d’établissement et non par sa nationalité ; et l’e-reporting des ventes aux particuliers, qui détermine ce qui remonte et comment sont traités les avoirs.
Liens utiles
- Code général des impôts, article 278-0 bis, I, et directive (UE) 2022/542 : taux réduit applicable aux œuvres d’art, objets de collection et d’antiquité.
- Code général des impôts, article 297 A, et BOI-TVA-SECT-90 : régime de la marge bénéficiaire des assujettis-revendeurs.
- Code général des impôts, article 150 VI et suivants : taxe forfaitaire sur les métaux précieux, bijoux, objets d’art, de collection et d’antiquité.
- Code de la propriété intellectuelle, articles L. 122-8 et R. 122-2 et suivants : droit de suite, taux par tranches et plafond.
- Code des douanes de l’Union : régime de l’admission temporaire.
- Code général des impôts, article 238 bis AB : acquisition d’œuvres d’artistes vivants par les entreprises.
Questions courantes des galeries d’art
Quel taux de TVA s’applique à la vente d’une œuvre d’art ?
Depuis le 1er janvier 2025, le taux réduit de 5,5 % s’applique aux livraisons d’œuvres d’art, alors qu’il était auparavant réservé aux importations et aux ventes par l’auteur ou ses ayants droit. La contrepartie est que le régime de la marge devient inapplicable à la revente d’un bien acquis sous ce taux réduit.
Puis-je encore appliquer la TVA sur marge ?
Oui, lorsque l’œuvre a été acquise auprès d’une personne non autorisée à facturer la TVA (particulier, succession, artiste en franchise, ou confrère ayant lui-même appliqué la marge) et que vous n’avez pas bénéficié du taux réduit à l’acquisition. Les deux régimes s’excluent sur un même bien.
Quels justificatifs conserver pour appliquer la marge ?
La facture d’achat établissant la qualité du vendeur, et pour un achat auprès d’un professionnel, la mention du régime de la marge appliqué en amont. Sans cette preuve, la revente relève de la TVA sur le prix total, et le rappel porte sur toutes les œuvres de même provenance.
Une œuvre en dépôt figure-t-elle à mon bilan ?
Non : en dépôt-vente comme en mandat, l’œuvre reste la propriété de l’artiste ou du propriétaire jusqu’à la vente. Elle ne constitue pas un stock de la galerie, mais elle doit être suivie hors bilan, c’est une obligation contractuelle autant qu’un besoin de gestion.
Qu’est-ce que le droit de suite et qui le supporte ?
C’est un droit perçu au profit de l’auteur ou de ses héritiers sur les reventes d’œuvres graphiques et plastiques réalisées avec l’intervention d’un professionnel. Il est calculé par tranches dégressives à partir de 4 % et plafonné à 12 500 € par vente. Il se rattache à l’opération et se reverse : ce n’est ni une charge de structure, ni une commission.
Comment fonctionne la taxe forfaitaire sur les objets d’art ?
Elle frappe le vendeur particulier au taux de 6 % pour les objets d’art, de collection et d’antiquité, majoré de 0,5 % au titre de la CRDS. Le vendeur peut opter pour le régime des plus-values des particuliers s’il justifie de la date et du prix d’acquisition. L’intermédiaire est souvent chargé de la déclaration : c’est une opération pour compte de tiers, distincte de ses propres produits.
Comment valoriser un stock d’œuvres à la clôture ?
Au coût d’acquisition, avec une dépréciation appréciée sur la rotation réelle et sur les prix effectivement obtenus : jamais sur le prix affiché. Un stock ancien maintenu à sa valeur d’achat est le premier retraitement d’une due diligence ou d’un dossier bancaire.
Qu’est-ce que l’admission temporaire et quand l’utiliser ?
C’est un régime douanier permettant de faire entrer une œuvre sur le territoire pour une exposition ou une foire sans acquitter la TVA à l’importation, sous réserve de sa réexportation dans les délais impartis. Il est précieux pour un marchand international, mais il suppose un suivi rigoureux des échéances : le dépassement rend la taxe exigible.
Autres secteurs
- Audiovisuel, musique et spectacle
- Mannequinat
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Mise à jour le 18 septembre 2026.
