Deux femmes vues de dos à une table en chêne, l’une fait glisser un épais registre relié bordeaux vers l’autre, devant une fenêtre haussmannienne et un ordinateur portable ouvert

Comment changer d’expert-comptable, et à quel moment le faire ?

Le nouveau cabinet informe l’ancien avant d’accepter la mission ; l’ancien favorise la transmission du dossier, avec l’accord du client.

Sommaire
  1. Peut-on changer d’expert-comptable quand on veut ?
  2. Pourquoi changer d’expert-comptable ?
  3. Quel est le meilleur moment pour changer de comptable ?
  4. Quelles sont les étapes pour changer d’expert-comptable ?
  5. Comment rédiger la lettre de résiliation de son expert-comptable ?
  6. Quels documents et accès récupérer auprès de l’ancien cabinet ?
  7. Votre ancien comptable peut-il retenir vos documents ?
  8. Combien coûte un changement d’expert-comptable ?
  9. Changement de comptable et facturation électronique : le point à vérifier en 2026
  10. Changer de cabinet quand votre comptabilité est sur Pennylane
  11. Les erreurs qui compliquent un changement de cabinet
  12. Comment bien choisir son nouvel expert-comptable ?
  13. Comment Myne reprend votre dossier
  14. Questions fréquentes
  15. Sources

Vous pouvez changer d’expert-comptable à tout moment : aucun texte ne vous lie à votre cabinet au-delà de ce que prévoit votre lettre de mission. Concrètement, vous relisez ce contrat pour connaître le préavis et la date d’échéance, vous choisissez le nouveau cabinet, puis vous résiliez par écrit. Le nouveau cabinet prévient l’ancien avant d’accepter la mission, comme l’impose le code de déontologie, et organise la reprise du dossier. Le moment le plus simple se situe après la clôture de l’exercice et avant le début des travaux de bilan.

En bref

  • Pas de préavis légal : le délai à respecter est celui de votre lettre de mission (souvent fixé par rapport à la date de clôture ou à la date anniversaire du contrat).
  • Choisissez le nouveau cabinet avant de résilier, pour ne jamais rester sans comptable à l’approche d’une échéance fiscale ou sociale.
  • La résiliation est un écrit de votre part, de préférence en recommandé avec accusé de réception, sans obligation de la motiver.
  • Le nouveau cabinet doit informer l’ancien avant d’accepter la mission (article 163 du décret n° 2012-432) ; l’ancien « favorise » la transmission du dossier avec votre accord.
  • Le droit de rétention ne vise que les travaux du cabinet impayés, pas les pièces que vous lui avez remises, et le cabinet doit en informer l’Ordre (article 168).
  • Le premier document à demander est le fichier des écritures comptables (FEC) de chaque exercice, puis les accès en ligne : espace professionnel des impôts, net-entreprises, logiciel, plateforme de facturation électronique.

Mis à jour le 30 octobre 2026. Textes vérifiés sur Légifrance à cette date : décret n° 2012-432 du 30 mars 2012 (articles 151, 156, 158 à 164 et 168), Code civil (articles 1210 et 1211), Code de la consommation (articles L. 215-1 à L. 215-3), livre des procédures fiscales (article L. 47 A) et Code général des impôts (article 1729 D).

Deux femmes vues de dos à une table en chêne, l’une fait glisser un épais registre relié bordeaux vers l’autre, devant une fenêtre haussmannienne et un ordinateur portable ouvert
Le nouveau cabinet informe l’ancien avant d’accepter la mission ; l’ancien favorise la transmission du dossier, avec l’accord du client.

Peut-on changer d’expert-comptable quand on veut ?

Oui. La relation avec un expert-comptable repose sur un contrat, et aucun contrat de prestation ne peut vous attacher indéfiniment à un prestataire. Ce qui varie, c’est le délai à respecter et ce que vous devez encore au cabinet au moment où vous partez.

Aucun texte ne vous attache à votre cabinet

Le Code civil interdit les engagements perpétuels (article 1210). Un contrat conclu sans durée peut être rompu à tout moment, à condition de respecter le délai de préavis prévu ou, à défaut, un délai raisonnable (article 1211). Une lettre de mission « annuelle, reconductible tacitement » se résilie de la même façon : il suffit de ne pas la laisser se renouveler, en prévenant dans le délai convenu.

La déontologie de la profession va dans le même sens, mais elle s’adresse au cabinet, pas à vous. L’article 156 du décret du 30 mars 2012 oblige l’expert-comptable à mener sa mission « jusqu’à son terme normal » ; il ne peut l’interrompre que pour des « motifs justes et raisonnables », et le texte cite en premier exemple la perte de confiance manifestée par le client. L’article 164 rappelle que la profession doit veiller « à la sauvegarde de la liberté de choix des clients ou adhérents ».

Ce qui vous engage vraiment : la lettre de mission

Tout expert-comptable doit signer avec son client un contrat écrit qui définit la mission et les droits et obligations de chacun (article 151 du décret). C’est ce document, appelé lettre de mission de l’expert-comptable, qui fixe les règles de sortie. Cherchez-y quatre informations :

  • La durée : un exercice comptable, une année civile, ou une durée indéterminée ;
  • La clause de reconduction : la mission se renouvelle-t-elle seule à l’échéance ?
  • Le préavis : combien de mois, et à compter de quelle date (la clôture de l’exercice, l’anniversaire de la signature, la réception de votre courrier) ;
  • Les conséquences financières : facturation des travaux déjà faits, éventuelle indemnité en cas de départ en cours de mission, sort des acomptes ou des prélèvements mensuels.

Une lettre de mission ne contient pas toujours les quatre. Si le préavis n’y figure pas, c’est le « délai raisonnable » du Code civil qui s’applique. Et si vous n’avez jamais signé de lettre de mission, le contrat existe malgré tout : il est simplement plus difficile de prouver ce qui avait été convenu. Le cabinet était pourtant tenu d’en faire signer une.

La « loi Chatel » ne protège pas une société

Plusieurs pages présentent l’obligation, pour le prestataire, de vous rappeler la date limite de non-reconduction comme une protection générale. Elle ne l’est pas. L’article L. 215-1 du Code de la consommation vise les contrats conclus avec un consommateur, et l’article L. 215-3 l’étend aux non-professionnels. Une société, un commerçant ou un professionnel libéral qui confie sa comptabilité à un cabinet agit pour son activité : il n’est ni l’un ni l’autre, et le cabinet n’a donc aucune obligation légale de lui rappeler l’échéance. La question peut se poser pour une personne morale qui n’agit pas à des fins professionnelles, une SCI familiale par exemple ; elle s’examine au cas par cas. En pratique, notez vous-même la date limite de résiliation dès la signature.

Pourquoi changer d’expert-comptable ?

Les raisons se ressemblent d’une entreprise à l’autre. Toutes ne justifient pas un départ immédiat : certaines se règlent par une conversation et un avenant à la lettre de mission. Le tableau ci-dessous distingue ce que chaque signal vous coûte et ce que vous pouvez tenter avant de partir.

Ce que vous constatezCe que cela vous coûteÀ tenter avant de partir
Délais de réponse de plusieurs semaines, interlocuteur qui change sans cesseDécisions prises sans chiffres, échéances préparées dans l’urgenceDemander un interlocuteur attitré et un délai de réponse écrit dans la lettre de mission
Déclarations déposées en retard, pénalités ou majorations répétéesPénalités, intérêts de retard, risque de contrôle accruExiger un calendrier des échéances ; au-delà d’un incident, le départ se justifie
Bilan remis plusieurs mois après la clôtureApprobation des comptes et dépôt au greffe tardifs, banque ou investisseur qui attendentFixer une date de remise des comptes dans la lettre de mission
Aucun conseil : le cabinet saisit, déclare, et ne dit rienRémunération du dirigeant, régime fiscal ou statut jamais optimisésDemander un rendez-vous de bilan annuel ; l’article 155 du décret impose un devoir d’information et de conseil
Honoraires qui augmentent sans explication ou factures « hors forfait » imprévuesBudget comptable imprévisibleDemander le détail des diligences ; les honoraires doivent être convenus par écrit avant la mission
Outils dépassés : papier, envois par courrier, aucun accès en temps réelTemps perdu par vos équipes, trésorerie pilotée à l’aveugleDemander si le cabinet peut travailler sur un logiciel partagé ; sinon, le changement d’outil passe souvent par un changement de cabinet
L’entreprise a changé : salariés, filiale, levée de fonds, activité internationaleCabinet qui découvre vos sujets en même temps que vousVérifier s’il dispose des compétences (paie, consolidation, TVA intracommunautaire) ; sinon, partir

Un signal reste rédhibitoire dans tous les cas : un cabinet qui vous propose de « régler » un problème en passant outre une règle fiscale ou sociale. Le nouveau cabinet doit d’ailleurs vérifier que votre départ n’est pas motivé par la volonté « d’éluder l’application des lois et règlements » (article 163 du décret) : un changement de cabinet ne sert jamais à effacer une difficulté.

Quel est le meilleur moment pour changer de comptable ?

Le calendrier compte davantage que la procédure. Une même lettre de résiliation peut produire un changement sans heurt ou un exercice coupé en deux, selon la date à laquelle elle part.

Après la clôture et avant le bilan : le cas le plus simple

Un exercice comptable se termine à la date de clôture (souvent le 31 décembre). Les travaux qui suivent, comptes annuels et liasse fiscale, portent sur l’exercice écoulé. Si votre lettre de mission couvre l’exercice N avec l’établissement de ses comptes, l’ancien cabinet produit encore le bilan N, et le nouveau commence avec l’exercice N+1. C’est la passation la plus propre : un cabinet par exercice, des à-nouveaux (soldes d’ouverture) repris tels quels.

Si vous voulez que le nouveau cabinet établisse déjà le bilan N, il faut que l’ancien arrête ses travaux avant la clôture des comptes, et que votre lettre de mission le permette. Le nouveau cabinet reprend alors la comptabilité de l’exercice et la révise avant d’établir les comptes. Comptez le temps de cette révision : il augmente le devis de la première année.

En cours d’exercice : possible, à trois conditions

Changer au milieu d’un exercice n’a rien d’interdit. Pour que cela se passe bien, il faut :

  1. une date de bascule nette : jusqu’à telle date, l’ancien cabinet saisit et déclare ; à partir de celle-ci, le nouveau prend le relais. Écrivez-la dans la lettre de résiliation ;
  2. une comptabilité arrêtée à cette date : écritures à jour, comptes bancaires rapprochés, TVA déclarée jusqu’au dernier mois traité. Une situation comptable intermédiaire établie à la date de bascule sert de point de départ indiscutable ;
  3. un nouveau cabinet prêt avant la prochaine échéance : déclaration de TVA, déclaration sociale nominative (DSN) de paie, acompte d’impôt sur les sociétés.

Les périodes à éviter

Deux moments posent problème. Le premier : les semaines où l’ancien cabinet produit vos comptes annuels et votre liasse fiscale, pour un exercice clos au 31 décembre généralement entre février et mai. Partir à ce moment-là laisse des travaux à moitié faits, que personne ne veut terminer. Le second : la veille d’une échéance sociale mensuelle si vous avez des salariés, car une DSN ne se reprend pas en quelques heures par un cabinet qui découvre le dossier.

Le calculateur ci-dessous indique la date limite d’envoi de votre lettre selon votre préavis, et la date d’effet si cette limite est déjà dépassée.

Calculateur : jusqu’à quand pouvez-vous résilier ?Repérez dans votre lettre de mission la date d’échéance de la mission et le préavis en mois, puis retranchez ce préavis de l’échéance : c’est la date à laquelle votre courrier doit être reçu au plus tard.

Exemple : une SAS clôture ses comptes au 31 décembre. Sa lettre de mission, annuelle et reconduite tacitement, prévoit un préavis de trois mois avant la date de clôture. Pour ne pas repartir pour l’exercice 2027 avec le même cabinet, la lettre devait être reçue au plus tard le 30 septembre 2026. Envoyée le 30 octobre 2026, elle laisse la mission se renouveler pour 2027, et la résiliation ne joue qu’à la clôture suivante, sauf accord amiable du cabinet. C’est le cas le plus fréquent de mauvaise surprise : le préavis se compte à partir de l’échéance, pas de la date de votre courrier.

Quelles sont les étapes pour changer d’expert-comptable ?

Six étapes, dans cet ordre. L’ordre compte : résilier avant d’avoir choisi le nouveau cabinet est l’erreur qui coûte le plus cher.

  1. 1Relire la lettre de missionVous · préavis, échéance, travaux en cours
  2. 2Choisir le nouveau cabinetVous · devis et lettre de mission signés
  3. 3Résilier par écritVous · recommandé avec accusé de réception
  4. 4Informer le prédécesseurNouveau cabinet · lettre confraternelle (art. 163)
  5. 5Transmettre le dossier et les accèsAncien cabinet, avec votre accord
  6. 6Contrôler la repriseNouveau cabinet · à-nouveaux, banque, TVA

1. Relire votre lettre de mission

Notez la date d’échéance, le préavis, le mode d’envoi exigé (recommandé, courriel, espace client) et les travaux prévus jusqu’à la fin de la mission. Vérifiez aussi le mandat donné au cabinet : depuis l’article 151 du décret, l’expert-comptable dispose d’un mandat implicite pour effectuer des démarches auprès des organismes sociaux et de l’administration fiscale, y compris pour adhérer en votre nom aux téléprocédures. Ce mandat prend fin avec la mission ; les accès techniques, eux, ne s’éteignent pas seuls (voir plus bas).

2. Choisir le nouveau cabinet avant de résilier

Demandez au moins un devis écrit, et ne signez qu’après avoir lu la lettre de mission proposée. Indiquez dès le premier échange votre date de clôture, votre prochaine échéance et l’état de votre comptabilité : un bon cabinet construit son calendrier de reprise à partir de ces trois informations. Le détail de ce qui fait varier le prix est expliqué dans notre guide des tarifs d’un expert-comptable.

3. Résilier par écrit

C’est vous, et non le nouveau cabinet, qui mettez fin au contrat. La lettre indique la mission résiliée, la date d’effet, et demande la transmission du dossier. Elle n’a pas à être motivée. Le modèle et le générateur se trouvent dans la section suivante.

4. Laisser le nouveau cabinet informer l’ancien

L’article 163 du décret impose au cabinet qui vous reprend de prévenir son prédécesseur avant d’accepter la mission. Il doit aussi « s’efforcer d’obtenir la justification du paiement » des honoraires dus à l’ancien cabinet, lorsqu’ils résultent d’une convention conforme aux règles professionnelles. Faute de justificatif, il en réfère au président du conseil régional de l’Ordre et fait des réserves auprès de vous avant de commencer. Ce courrier, souvent appelé lettre confraternelle, n’est pas une demande d’autorisation : l’ancien cabinet ne peut pas s’opposer à votre départ.

5. Récupérer le dossier et les accès

Le même article prévoit que le prédécesseur « favorise, avec l’accord du client ou adhérent, la transmission du dossier ». Votre accord figure dans la lettre de résiliation : précisez-y que le dossier peut être remis directement au nouveau cabinet. La liste complète des documents et des accès à récupérer figure plus bas.

6. Contrôler la reprise

Le nouveau cabinet vérifie que les soldes d’ouverture correspondent au bilan de clôture déposé, que les comptes bancaires sont rapprochés jusqu’à la date de bascule (voir le rapprochement bancaire), que la TVA déclarée concorde avec la comptabilité et que les comptes de tiers (clients, fournisseurs, organismes sociaux) sont justifiés. Les écarts relevés à ce stade se règlent avec l’ancien cabinet tant qu’il a le dossier en mémoire ; six mois plus tard, c’est beaucoup plus difficile.

Qui fait quoiVousAncien cabinetNouveau cabinet
Résilier la missionOui, par écritAccuse réception, facture le soldePeut vous aider à rédiger
Informer le confrèreNonReçoit le courrierOui, avant d’accepter (art. 163)
Régler les honoraires dusOui, pour les travaux faitsJustifie ce qui reste dûDemande le justificatif de paiement
Transmettre le dossierDonne son accordOui, il « favorise » la transmissionRéceptionne et contrôle
Mettre à jour les accès en ligneOui, en tant que titulaire des comptesSe retire des espacesSe fait désigner

Comment rédiger la lettre de résiliation de son expert-comptable ?

Une lettre de résiliation efficace tient en une page. Elle doit permettre à l’ancien cabinet de comprendre, sans ambiguïté, quelle mission prend fin, à quelle date, et ce que vous attendez de lui.

Ce que la lettre doit contenir

  • l’identification de votre entreprise : dénomination, forme, SIREN, adresse, nom et qualité du signataire ;
  • la référence de la lettre de mission (date de signature) ;
  • la date d’effet de la résiliation, calculée selon le préavis contractuel ;
  • la demande de facture de solde des travaux réalisés jusqu’à cette date ;
  • votre accord pour la transmission du dossier au nouveau cabinet, avec ses coordonnées si vous les connaissez ;
  • la liste des éléments attendus, en premier lieu le fichier des écritures comptables ;
  • la demande de retrait des accès et mandats détenus pour votre compte.

Envoi, ton et motif

Envoyez la lettre selon le mode prévu par la lettre de mission ; s’il n’y en a pas, le recommandé avec accusé de réception donne une date certaine de réception, utile pour calculer le préavis. Restez factuel : la lettre sera lue par le cabinet qui détient votre dossier, et un ton conflictuel ralentit la transmission. Si vous avez un grief sérieux, une erreur de déclaration par exemple, traitez-le dans un courrier séparé : mélanger les deux sujets donne au cabinet une raison de discuter la date d’effet.

Générateur : votre lettre de résiliation, prête à envoyerLe générateur nécessite JavaScript. Le modèle ci-dessous peut être copié et complété à la main.

Modèle de lettre de résiliation d’un expert-comptable

[Dénomination de la société], [forme sociale] au capital de [montant] €SIREN [numéro] · [adresse du siège]Représentée par [prénom nom], [qualité][Nom du cabinet] · [adresse du cabinet]Lettre recommandée avec accusé de réception[Ville], le [date]Objet : résiliation de la lettre de mission du [date de signature]Madame, Monsieur,Par la présente, je vous informe de la résiliation de la lettre de mission conclue le [date de signature] entre notre société et votre cabinet. Conformément au préavis prévu, cette résiliation prendra effet le [date d’effet].Je vous remercie de me faire parvenir la facture de solde des travaux réalisés jusqu’à cette date.J’autorise la transmission de notre dossier au cabinet [nom du nouveau cabinet], qui prendra contact avec vous. Je vous remercie de lui remettre, ou de me remettre, le fichier des écritures comptables (FEC) de chaque exercice traité, les comptes annuels et liasses fiscales, les déclarations de TVA et le grand livre de l’exercice en cours arrêté à la date d’effet, ainsi que les pièces que nous vous avons confiées.Je vous remercie également de mettre fin, à cette même date, aux accès et mandats que vous détenez pour notre compte (espace professionnel des impôts, net-entreprises, logiciel comptable).Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.[Prénom nom], [qualité]
Vue de dessus d’un bureau clair avec quatre boîtes d’archives en carton, une clé USB rose, un ordinateur portable ouvert, une tasse de café et un carnet de cases cochées
Le fichier des écritures comptables, les comptes annuels et les accès en ligne sont les premiers éléments à récupérer.

Quels documents et accès récupérer auprès de l’ancien cabinet ?

Votre comptabilité appartient à votre entreprise, et c’est elle qui doit la présenter en cas de contrôle. La liste ci-dessous va de l’indispensable au confort. Cochez au fur et à mesure : la liste reste enregistrée dans votre navigateur et peut être imprimée pour le nouveau cabinet.

Liste de contrôle de la passationLa liste détaillée figure dans les paragraphes qui suivent.

Les documents comptables et fiscaux

  • Le fichier des écritures comptables (FEC) de chaque exercice tenu par le cabinet. C’est le fichier que l’administration demande dès l’ouverture d’un contrôle (article L. 47 A du livre des procédures fiscales) ; ne pas pouvoir le présenter expose à une amende de 5 000 €, ou de 10 % des droits rappelés si ce montant est plus élevé (article 1729 D du CGI). Le FEC permet aussi au nouveau cabinet d’importer votre historique dans son logiciel ; notre article sur le fichier des écritures comptables explique comment l’obtenir.
  • Les comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe) et les liasses fiscales des derniers exercices, avec leurs accusés de dépôt.
  • Le grand livre, la balance et les journaux de l’exercice en cours, arrêtés à la date de bascule.
  • Les déclarations de TVA et leurs accusés de réception, les relevés d’acomptes d’impôt sur les sociétés, la déclaration de CFE et, le cas échéant, de CVAE.
  • Le tableau des immobilisations et des amortissements, indispensable pour calculer les dotations des exercices suivants.
  • Le détail des déficits reportables, des crédits d’impôt en cours et des options fiscales exercées.
  • Les pièces justificatives que vous aviez confiées au cabinet, si elles ne sont pas déjà dans votre logiciel.

Ces documents se conservent dix ans à compter de la clôture de l’exercice. La règle et ses exceptions sont détaillées dans notre article sur la durée de conservation des documents comptables.

Les documents sociaux et la paie

  • Les bulletins de paie, les livres de paie et les DSN des douze derniers mois au moins ;
  • les paramétrages de paie : taux de cotisations, taux de prélèvement à la source, conventions collectives appliquées, régimes de prévoyance et de mutuelle ;
  • les soldes de congés payés et de compteurs d’heures par salarié ;
  • les contrats de travail et avenants si le cabinet les détient.

La paie est la partie la plus sensible d’une reprise, parce qu’une erreur de paramétrage se répercute chaque mois sur chaque salarié. Si vous changez aussi de prestataire de paie, la date de bascule doit tomber en début de mois. Voir notre page externalisation de la paie.

Les documents juridiques

  • les statuts à jour et le Kbis ;
  • les procès-verbaux d’approbation des comptes et le registre des décisions, si le cabinet assurait le secrétariat juridique ;
  • les conventions réglementées, les conventions de trésorerie intra-groupe, les contrats de prêt.

Les accès en ligne à reprendre

C’est la partie que les guides oublient, et celle qui crée le plus de blocages après le départ. Vous êtes titulaire de ces espaces ; le cabinet n’y a qu’un accès délégué.

  • Espace professionnel sur impots.gouv.fr : vérifiez qui en est l’administrateur. Si c’est un collaborateur de l’ancien cabinet, faites-le changer avant son départ. Le nouveau cabinet doit ensuite être déclaré comme partenaire pour les télédéclarations.
  • net-entreprises.fr : même vérification pour la DSN, et désignation du nouveau cabinet comme tiers déclarant.
  • Espace employeur Urssaf et espaces des caisses de retraite, si le cabinet y avait accès.
  • Logiciel comptable et outil de pré-comptabilité : qui paie l’abonnement, qui est propriétaire du dossier, comment l’exporter.
  • Accès bancaires en lecture donnés au cabinet : à retirer dans votre espace bancaire.
  • Plateforme de facturation électronique : voir la section dédiée ci-dessous.

Votre ancien comptable peut-il retenir vos documents ?

C’est la crainte qui revient le plus souvent dans les forums, sous la forme « mon comptable ne me donne pas mon bilan ». La réponse tient en une distinction : les travaux du cabinet d’un côté, vos documents de l’autre.

Ce que dit l’article 168, et ce qu’il ne dit pas

L’article 168 du décret du 30 mars 2012 est le seul texte de la profession qui parle de rétention. Il oblige le cabinet à informer le président du conseil régional de l’Ordre « de tout litige contractuel qui les conduit à envisager de procéder à la rétention des travaux effectués faute de paiement des honoraires ». Trois conséquences :

  • la rétention porte sur les travaux effectués par le cabinet, et seulement en cas d’honoraires impayés ;
  • le texte ne vise pas les pièces que vous avez remises au cabinet (factures, relevés, contrats) : ce sont les vôtres ;
  • un cabinet qui envisage la rétention doit en informer l’Ordre. S’il ne l’a pas fait, demandez-lui pourquoi.

Le cabinet invoque parfois, en plus, le droit de rétention du droit commun. La portée exacte de ce droit sur un dossier comptable dépend des circonstances et se discute devant un juge, pas par courrier. Retenez la règle pratique : si vous ne devez rien, rien ne justifie de garder votre dossier.

Honoraires impayés ou honoraires contestés : deux situations différentes

Si vous devez réellement des honoraires pour des travaux faits, la solution la plus rapide est de les payer, quitte à les contester ensuite : un bilan bloqué coûte presque toujours plus cher que la facture. Si vous contestez les honoraires (travaux non réalisés, montant jamais convenu), le décret organise une voie spécifique : le cabinet doit s’efforcer de faire accepter la conciliation ou l’arbitrage du président du conseil régional de l’Ordre avant toute action en justice (article 159), et le nouveau cabinet doit vous suggérer par écrit d’y recourir (article 163). L’arbitrage suppose l’accord des deux parties (article 160).

Que faire si votre comptable ne vous donne pas votre bilan ?

  1. Une relance écrite, courte, qui liste les documents attendus et fixe une date de remise. Beaucoup de blocages tiennent à un cabinet débordé plus qu’à un refus.
  2. Une mise en demeure en recommandé, qui rappelle l’article 163 (transmission du dossier) et, si aucun honoraire n’est dû, l’absence de fondement à une rétention.
  3. La saisine du conseil régional de l’Ordre de la circonscription du cabinet, pour conciliation. L’Ordre peut aussi être informé d’un manquement déontologique.
  4. Le recours au juge, avec l’aide d’un avocat, si une échéance approche (dépôt des comptes, contrôle fiscal, opération en capital) et que rien n’a bougé.

En parallèle, n’attendez pas : le nouveau cabinet peut reconstituer une comptabilité à partir de vos relevés bancaires, de vos factures et des déclarations déjà déposées, consultables dans votre espace professionnel. C’est plus long et plus cher qu’une transmission, mais cela évite de manquer une échéance.

Combien coûte un changement d’expert-comptable ?

Le changement lui-même n’a pas de prix fixe. Il se décompose en trois postes, dont un seul est visible sur une facture.

Ce que vous devez encore à l’ancien cabinet

Vous réglez les travaux réalisés jusqu’à la date d’effet, selon les honoraires convenus. Si votre lettre de mission prévoit un forfait annuel payé par mensualités, vérifiez comment il se proratise : un forfait qui inclut le bilan peut être largement « consommé » en fin d’exercice. Une indemnité de résiliation n’est due que si la lettre de mission la prévoit. Les honoraires sont libres (article 158 du décret) ; ce qui ne l’est pas, c’est de facturer une prestation qui n’a pas été convenue par écrit avant la mission.

Ce que facture le nouveau cabinet

La reprise d’un dossier propre, avec un FEC et des comptes clos, ne demande qu’un contrôle d’ouverture. Un dossier transmis en cours d’exercice, incomplet ou en retard demande une révision, parfois une reconstitution : ces travaux s’ajoutent au forfait de la première année. Demandez qu’ils figurent sur une ligne séparée du devis, pour comparer les offres sur la même base.

Le coût que personne ne facture

Le vrai coût d’un changement mal préparé est indirect : une déclaration manquée pendant la transition, une paie fausse un mois, un bilan déposé en retard alors que la banque l’attend. C’est pour cela que le calendrier passe avant le prix.

Changement de comptable et facturation électronique : le point à vérifier en 2026

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques par une plateforme agréée. Beaucoup de dirigeants ont choisi cette plateforme sur les conseils de leur expert-comptable, ou à travers son logiciel. Changer de cabinet ne vous oblige pas à changer de plateforme, mais il faut savoir qui détient le contrat :

  • si la plateforme est souscrite à votre nom, elle reste en place ; vous donnez simplement un accès au nouveau cabinet ;
  • si elle passe par l’abonnement du cabinet, la résiliation de la mission peut couper votre réception de factures. Prévoyez la bascule vers une autre plateforme avant la date d’effet, puisque c’est la plateforme qui gère votre inscription dans l’annuaire central, avec votre accord.

Pour le choix de la plateforme, voir notre guide sur la plateforme agréée de facturation électronique et le rôle de l’expert-comptable dans la facturation électronique.

Changer de cabinet quand votre comptabilité est sur Pennylane

Lorsque les deux cabinets travaillent sur Pennylane, le dossier peut être transféré d’un cabinet à l’autre dans l’outil, sans export ni ressaisie : le cabinet entrant crée la demande, le cabinet sortant l’accepte. Si l’ancien cabinet utilise un autre logiciel, la reprise passe par le FEC et un paramétrage complet. Les étapes, les accès conservés par chaque cabinet pendant la transition et la marche à suivre en cas de refus sont détaillés dans notre article sur le changement de cabinet sur Pennylane.

Les erreurs qui compliquent un changement de cabinet

  • Compter le préavis à partir de votre courrier au lieu de l’échéance prévue au contrat.
  • Résilier sans avoir signé avec le nouveau cabinet, et se retrouver seul face à une déclaration de TVA.
  • Partir sans le FEC : sans lui, le nouveau cabinet reprend l’historique à la main, et vous êtes exposé en cas de contrôle.
  • Oublier les accès : un ancien collaborateur resté administrateur de votre espace fiscal bloque des démarches des mois plus tard.
  • Changer en pleine production de la liasse, sans accord écrit sur qui termine quoi.
  • Laisser une facture contestée sans réponse : elle devient le motif d’une rétention.
  • Ne pas contrôler les à-nouveaux : une erreur dans les soldes d’ouverture se propage à tout l’exercice suivant.

Comment bien choisir son nouvel expert-comptable ?

Un changement de cabinet se fait rarement deux fois de suite sans dommage. Avant de signer, vérifiez :

  • L’inscription au tableau de l’Ordre : seuls les experts-comptables inscrits peuvent tenir et présenter vos comptes ; l’annuaire de l’Ordre est public ;
  • La connaissance de votre secteur : un cabinet qui suit déjà des entreprises comparables connaît les régimes, les taux et les pièges propres à votre activité (voir les activités que Myne accompagne) ;
  • L’interlocuteur : son nom, son niveau (expert-comptable ou collaborateur), son délai de réponse ;
  • Les outils : accès en temps réel à vos chiffres, collecte des pièces automatisée, tableau de bord ;
  • La lettre de mission proposée : périmètre clair, calendrier de remise des comptes, honoraires détaillés, conditions de sortie lisibles ;
  • La méthode de reprise : le cabinet doit vous dire, avant de signer, comment il récupère le dossier et ce qu’il contrôle à l’ouverture.

Les avis clients publiés sur des plateformes indépendantes complètent utilement ces critères : ceux de Myne sont consultables sur notre page d’avis clients.

Comment Myne reprend votre dossier

Myne est un cabinet d’expertise comptable installé à Paris 17e, dirigé par quatre associés experts-comptables inscrits à l’Ordre. Une reprise commence par un examen du dossier : date de clôture, prochaine échéance fiscale et sociale, état de la comptabilité, logiciel utilisé, contenu de la lettre de mission en cours. Le calendrier de reprise et le devis sont établis à partir de cet examen, pas avant.

Nous prenons ensuite en charge le courrier au cabinet sortant prévu par l’article 163, la récupération du FEC et des documents, la mise à jour des accès et le contrôle d’ouverture. La comptabilité est tenue sur Pennylane, avec un accès en temps réel pour vous. Le détail de la mission figure sur notre page comptabilité et fiscalité des entreprises.

Pour une première analyse, indiquez votre SIREN, votre date de clôture, votre cabinet actuel et votre prochaine échéance connue sur notre page demander un devis de reprise. Première réponse sous 24 heures ouvrées.

Questions fréquentes

Peut-on changer de comptable sans préavis ?

Seulement si la lettre de mission ne prévoit aucun préavis, auquel cas un délai raisonnable s’applique, ou si le cabinet accepte une date d’effet anticipée. Un départ sans préavis alors que le contrat en prévoit un expose au paiement des honoraires de la période restante. Un manquement grave du cabinet peut justifier une rupture immédiate, mais il devra être prouvé.

Peut-on changer de comptable sans lettre de mission ?

Oui. Le contrat existe même sans écrit, et il peut être rompu en respectant un délai raisonnable (article 1211 du Code civil). Prévenez le cabinet par écrit, en recommandé, et indiquez une date d’effet. L’absence de lettre de mission est d’ailleurs un manquement du cabinet à l’article 151 du décret.

Combien de temps prend un changement d’expert-comptable ?

Aucun texte ne fixe de délai. La durée dépend surtout de votre préavis, de la réactivité du cabinet sortant pour transmettre le dossier et de l’échéance la plus proche. Une reprise en début d’exercice, avec un dossier complet, est la plus rapide.

Le nouvel expert-comptable peut-il résilier à ma place ?

Non. La résiliation est votre décision et doit venir de vous. Le nouveau cabinet peut vous aider à rédiger la lettre ; il envoie de son côté le courrier d’information prévu par l’article 163, qui est distinct.

Mon ancien cabinet peut-il refuser de transmettre mon dossier ?

Il ne peut pas s’opposer à votre départ. Il ne peut retenir que ses propres travaux, et seulement en cas d’honoraires impayés, après en avoir informé l’Ordre (article 168). Les pièces que vous lui avez confiées restent les vôtres.

Est-ce que je perds mon historique comptable en changeant de cabinet ?

Non, si vous récupérez le FEC de chaque exercice et les comptes annuels déposés. Le nouveau cabinet importe le FEC dans son logiciel et retrouve vos écritures passées.

Peut-on changer d’expert-comptable pendant un contrôle fiscal ?

Oui, mais c’est délicat : l’ancien cabinet connaît les écritures contrôlées. Organisez avec lui la remise des éléments demandés par le vérificateur et prévenez le nouveau cabinet de la procédure en cours avant qu’il accepte la mission.

Faut-il prévenir l’administration fiscale ou l’Urssaf du changement ?

Aucune déclaration de changement n’est exigée. En revanche, les accès et désignations dans vos espaces en ligne (impots.gouv.fr, net-entreprises.fr, Urssaf) doivent être mis à jour pour que le nouveau cabinet puisse déclarer en votre nom.

Sources

  • Décret n° 2012-432 du 30 mars 2012 relatif à l’exercice de l’activité d’expertise comptable, articles 151, 155, 156, 158 à 164 et 168, Légifrance, consulté le 30 octobre 2026.
  • Code civil, articles 1210 et 1211, Légifrance.
  • Code de la consommation, articles L. 215-1 à L. 215-3, Légifrance.
  • Code général des impôts, article 1729 D, Légifrance ; livre des procédures fiscales, article L. 47 A, et BOI-CF-IOR-60-40-10, BOFiP.
  • Ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945, article 24 (honoraires convenus par écrit), Légifrance.

Portrait d’Elie Dichi, expert-comptable et commissaire aux comptes, cofondateur et associé du cabinet Myne

Elie Dichi

Expert-comptable et commissaire aux comptes, cofondateur et associé

Elie Dichi a cofondé Myne en 2022. Formé chez ACE Chelly Mai, où il a effectué son stage réglementaire du DSCG puis exercé comme collaborateur confirmé, il a ensuite dirigé les missions d'expertise comptable d'Experts et Entreprendre. Il accompagne les dirigeants sur la performance et le conseil financier.

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