Au 4 septembre 2026, la liste publiée par la Direction générale des finances publiques compte 149 plateformes agréées immatriculées. Aucune comparaison ne tiendra sur un tel nombre, et la plupart des tableaux disponibles en ligne sont écrits par des éditeurs qui y figurent. La bonne démarche part de votre entreprise plutôt que du catalogue : seize critères, dont trois ou quatre seulement décideront pour vous. Cette page donne la grille, explique ce que chaque critère recouvre, puis la teste sur quatre profils qui n’aboutissent pas au même choix.
En bref
- La bonne plateforme agréée est celle qui couvre vos trois ou quatre critères déterminants, pas celle qui coche le plus de cases.
- Premier filtre, non négociable : le nom doit figurer sur la liste officielle de la DGFiP, qui comptait 149 opérateurs immatriculés au 4 septembre 2026.
- Le nom immatriculé diffère souvent du nom commercial du logiciel : vérifiez la raison sociale, pas la marque affichée sur le site.
- Une entreprise peut retenir plusieurs plateformes, et une plateforme de réception différente de celle d’émission.
- Le critère le plus oublié est la sortie, autrement dit ce que vous récupérez le jour où vous partez.
Le filtre préalable : l’immatriculation
Une plateforme agréée est un opérateur immatriculé par la DGFiP pour trois ans renouvelables. L’immatriculation suppose un dossier démontrant la conformité fiscale de l’opérateur, la sécurité de ses infrastructures et de ses données, et l’interopérabilité avec le dispositif public et les autres plateformes. L’immatriculation définitive n’intervient qu’après la réussite des tests d’interopérabilité.
La liste officielle se consulte sur impots.gouv.fr et se décline en deux fichiers. Le premier recense les opérateurs satisfaisant à l’ensemble des conditions : nous y avons compté 149 lignes le 4 septembre 2026, sur un fichier généré le 2 septembre, l’immatriculation la plus récente datant du 28 août 2026. Le second recense les opérateurs ayant déposé un dossier complet et conforme, en attente de leur immatriculation définitive : 14 noms sur un fichier du 31 août 2026. Ce décompte bouge chaque semaine, ce qui rend caduc tout chiffre cité sans sa date.
Un détail fait échouer beaucoup de vérifications. Les opérateurs se déclarent sous leur raison sociale ou sous un nom d’entité dédiée, qui ne correspond pas toujours à la marque du produit que vous utilisez. La liste contient ainsi des entrées de la forme « nom de marque suivi de PDP », des noms de groupe accolés à un nom de produit, ou des libellés commerciaux entiers. Si votre recherche ne renvoie rien, cherchez la raison sociale de l’éditeur avant de conclure qu’il n’est pas immatriculé, puis demandez-lui la confirmation par écrit. Nous avons mené ce contrôle sur quatre éditeurs répandus, et le statut de Sage, EBP, Odoo et Dolibarr sur cette liste n’est pas le même pour les quatre.
La grille de décision en seize critères
Les seize critères ci-dessous couvrent l’essentiel des situations rencontrées en cabinet. La colonne de droite indique le contexte dans lequel un critère cesse d’être secondaire et devient le point de bascule d’un dossier.
| Critère | Ce qu’il recouvre | Quand il devient déterminant |
|---|---|---|
| 1. Statut officiel | Présence sur la liste DGFiP, date et périmètre de l’immatriculation | Toujours. C’est un filtre, pas un critère de comparaison |
| 2. Réception | Capacité à recevoir toutes les combinaisons du socle et à vous les restituer | Toujours, car l’obligation de réception vise toutes les entreprises assujetties |
| 3. Émission | Transmission vers la plateforme du destinataire, gestion des statuts | Dès que vous facturez des entreprises françaises |
| 4. E-reporting de transaction | Collecte et envoi des données de vos ventes hors champ de la facture électronique | Ventes aux particuliers, clients étrangers, opérations exonérées |
| 5. Données de paiement | Déclaration du statut « Encaissée » et des encaissements | Prestations de services, où la TVA est exigible à l’encaissement |
| 6. Intégration au logiciel actuel | Connecteur natif, reprise des données, double saisie évitée | Quand un ERP, une caisse ou un logiciel métier structure déjà votre activité |
| 7. Multi-entités | Plusieurs SIREN, plusieurs établissements, groupes et holdings | Dès la deuxième société, et pour tout réseau d’établissements |
| 8. Workflows | Circuits de validation avant paiement ou avant émission | Quand un tiers valide les factures fournisseurs |
| 9. Droits utilisateurs | Rôles, restrictions par entité, journal des actions | À partir de trois utilisateurs, et pour tout cabinet lié au secret |
| 10. API | Interfaces documentées, environnement de test, limites d’appel | Flux volumineux, boutique en ligne, facturation automatisée |
| 11. Archivage | Durée, valeur probante, restitution, localisation des données | Toujours, avec une attention accrue depuis l’allongement du délai légal |
| 12. Assistance | Canal, horaires, langue, délai d’engagement, escalade | Quand personne en interne ne sait diagnostiquer un rejet technique |
| 13. Sécurité | Certification, authentification renforcée, hébergement dans l’Union européenne | Données sensibles, obligations sectorielles, exigences d’un donneur d’ordre |
| 14. Export | Format et exhaustivité des données récupérables à tout moment | Toujours. Un export limité au PDF n’est pas un export |
| 15. Réversibilité | Conditions de départ, services maintenus, coût de sortie | Toujours, et d’autant plus si le contrat est pluriannuel |
| 16. Prix total | Abonnement, utilisateurs, entités, volumes, options et frais annexes | Se calcule en dernier, une fois les quinze autres critères arbitrés |
L’ordre compte. Les critères 1 à 5 se traitent en oui ou non et éliminent. Les critères 6 à 15 se pondèrent selon votre organisation. Le prix arrive en seize parce qu’il ne se compare qu’à périmètre égal : deux offres qui ne couvrent pas les mêmes fonctions n’ont pas de tarif comparable. La remarque vaut d’abord pour les offres de plateforme agréée à zéro euro, dont le périmètre s’arrête le plus souvent à la fonction réglementaire.
La grille appliquée à quatre profils
Les quatre situations qui suivent sont des exemples pédagogiques construits à partir de configurations courantes. Elles montrent comment la même grille produit quatre décisions différentes.
Freelance en prestations B2B
Une dizaine de clients, tous des entreprises françaises, aucune vente aux particuliers, un seul utilisateur. Les critères qui décident sont la réception, l’émission, les données de paiement et le prix total. La prestation de services rend le critère 5 moins anodin qu’il n’y paraît : la TVA étant exigible à l’encaissement, le statut de paiement fera partie du quotidien dès l’entrée dans l’obligation d’émission. Les critères 7 à 10 ne pèsent rien ici. Le risque à éviter est l’inverse du sur-équipement : choisir un outil qui ne couvre que la réception et devoir tout reprendre à l’échéance d’émission. Sur ce profil, le comparatif d’Indy, Qonto et Pennylane reprend ces mêmes critères, ces trois opérateurs étant tous immatriculés.
Cabinet de conseil de quinze personnes
Facturation au forfait et en régie, des acomptes, plusieurs personnes qui préparent les factures et une seule qui les valide. Les critères déterminants deviennent les droits utilisateurs, les workflows, l’archivage et l’intégration au logiciel de gestion du temps. Un cabinet soumis à une obligation de confidentialité examine en plus le critère 13, et regarde de près quelles données quittent son système. Le prix se compare ici par utilisateur, ce qui inverse parfois le classement obtenu sur un abonnement de base.
Commerçant en ligne
Ventes majoritairement aux particuliers, volumes élevés, une boutique et un ou deux canaux de vente supplémentaires. Le centre de gravité se déplace vers l’e-reporting de transaction, l’API et l’intégration. Les ventes aux particuliers sortent du circuit de la facture électronique et remontent par des données agrégées, ce qui fait du critère 4 le premier de la liste. L’entreprise reste seule redevable de ses obligations même lorsqu’elle vend par une place de marché. Vérifiez donc que la plateforme sait absorber vos flux automatiquement, sans reprise manuelle quotidienne.
PME à plusieurs établissements
Trois sociétés, sept établissements, des achats décentralisés et une comptabilité tenue au siège. Les critères 7, 8, 9 et 15 dominent tout le reste. La gestion multi-entités doit exister nativement, sinon vous multiplierez les comptes et les adresses de réception sans vue consolidée. Le circuit de validation des factures fournisseurs devient le vrai sujet de projet. La réversibilité pèse lourd parce qu’un changement de plateforme sur sept établissements ne s’improvise pas. Le prix se calcule ici en coût par entité et par utilisateur, jamais en tarif d’entrée.
| Profil | Critères qui décident | Critères secondaires | Erreur la plus fréquente |
|---|---|---|---|
| Freelance B2B | 2, 3, 5, 16 | 7, 8, 9, 10 | S’équiper pour la seule réception |
| Cabinet de conseil | 6, 8, 9, 11, 13 | 4, 10 | Comparer des prix hors coût par utilisateur |
| Commerçant en ligne | 4, 6, 10, 12 | 7, 8 | Croire qu’une place de marché porte l’obligation |
| PME multi-établissements | 7, 8, 9, 15 | 5, 13 | Ouvrir un compte par établissement faute de gestion multi-entités |
Le socle commun à toutes les plateformes
Certaines fonctions ne se négocient pas : le code général des impôts les impose à toute plateforme agréée. Émission et transmission garantissant l’authenticité, l’intégrité et la lisibilité de la facture. Contrôles et identification du destinataire via l’annuaire central. Alimentation de cet annuaire. Transmission aux autres plateformes. Réception et mise à disposition. Gestion des statuts. Extraction et transmission des données de facturation à l’administration. Collecte et transmission des données de transaction et de paiement.
Ce socle produit une conséquence pratique que beaucoup de dirigeants ignorent. Un fournisseur ne peut pas vous imposer un format d’échange, puisque les plateformes partagent un socle minimal qui garantit l’interopérabilité. Une exigence de format formulée par un client relève donc du contrat commercial, pas de la réglementation. Vous êtes également libre de retenir plusieurs plateformes, et d’en avoir une pour la réception et une autre pour l’émission.
Point de vigilance du cabinet
Une offre présentée comme conforme n’est pas nécessairement une plateforme agréée. Beaucoup de logiciels sont des solutions compatibles raccordées à un opérateur tiers, ce qui est parfaitement valable, à une condition : vous devez savoir lequel. Demandez le nom exact de la plateforme, vérifiez-le sur la liste de la DGFiP, et conservez la réponse écrite. Le jour où un flux se bloque, cette réponse détermine qui vous appelez.
Le critère que personne ne regarde : la sortie
Le code général des impôts organise la mobilité entre plateformes. La plateforme d’arrivée recueille votre accord formel daté et signé, le communique à la plateforme de départ sous deux jours ouvrables, celle-ci dispose de cinq jours ouvrables pour s’opposer, et l’inscription dans l’annuaire intervient sous quinze jours ouvrables. L’ancienne plateforme maintient ensuite certains services pendant un an.
Ce cadre règle le routage, pas le contenu. Il ne dit rien de la qualité de l’export que vous obtiendrez, ni du sort de vos archives. Posez donc deux questions avant de signer. Sous quel format récupère-t-on l’historique complet, données structurées comprises ? Que devient l’archivage si le contrat s’arrête avant la fin du délai légal de conservation, sachant que ce délai est de six ans aujourd’hui et passe à dix ans pour les documents dont la conservation expire après le 1er janvier 2027 ?
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une plateforme agréée pour la facturation électronique ?
C’est un opérateur de dématérialisation immatriculé par la DGFiP pour trois ans renouvelables, seul habilité à transmettre vos factures électroniques aux plateformes de vos clients et à remettre les données prévues par la réglementation à l’administration. Son immatriculation repose sur un dossier fiscal, des exigences de sécurité et d’hébergement, et la réussite de tests d’interopérabilité. Un logiciel non immatriculé peut rester votre outil de saisie, à condition d’être raccordé à une plateforme agréée.
Où trouver la liste des plateformes agréées ?
Sur impots.gouv.fr, page « Je consulte la liste des plateformes agréées », modifiée le 3 septembre 2026. Deux fichiers y sont publiés en tableur et en PDF : les opérateurs satisfaisant à l’ensemble des conditions, et ceux ayant déposé un dossier complet en attente d’immatriculation définitive. Le premier comptait 149 opérateurs et le second 14 lors de notre relevé du 4 septembre 2026. Les comparatifs qui annoncent d’autres chiffres se réfèrent à des relevés plus anciens.
Chorus Pro est-il obligatoire ?
Pour vos factures entre entreprises, Chorus Pro n’intervient pas. Il conserve en revanche son rôle de solution mutualisée, prévu par le code de la commande publique, dès que le client est une administration, une collectivité ou un établissement public. Un fournisseur du secteur public dispose depuis le 1er septembre 2026 de deux voies, le dépôt direct ou le relais par une plateforme agréée raccordée. Les marchés de travaux et les mémoires de frais de justice, entre autres, restent hors de ce second circuit.
Comment facturer une administration ?
Par le circuit de la sphère publique. Vous déposez la facture sur Chorus Pro, ou vous laissez votre plateforme agréée la déposer si elle y est raccordée. Les exclusions rappelées ci-dessus continuent de passer directement par Chorus Pro. Si vous facturez à la fois des entreprises et des entités publiques, vérifiez avant de signer que votre plateforme couvre les deux circuits, sinon vous conserverez deux outils en parallèle.
Comment devenir plateforme agréée ?
La demande se dépose auprès du service d’immatriculation de la DGFiP. Le dossier doit démontrer la conformité fiscale du candidat, la sécurité de ses infrastructures et de ses données, avec une certification par un organisme accrédité, et l’engagement de ne pas transférer les données hors de l’Union européenne. L’immatriculation, valable trois ans et renouvelable, n’est définitive qu’après la réussite des tests d’interopérabilité. Les coordonnées du service figurent sur la page de la DGFiP consacrée aux plateformes agréées.
Peut-on utiliser plusieurs plateformes agréées ?
Oui. Une entreprise est libre d’en retenir plusieurs, et de choisir une plateforme de réception distincte de sa plateforme d’émission. Cette liberté sert surtout deux cas : un groupe dont les filiales ont des outils différents, et une entreprise qui veut tester un nouvel opérateur sans interrompre l’existant. Le prix de cette souplesse tient au suivi, puisque chaque plateforme a ses propres statuts, son propre support et son propre contrat.
Comment trancher en une semaine
Commencez par écrire vos trois critères déterminants, ceux qui viennent de votre organisation et non du discours des éditeurs. Vérifiez ensuite le statut des deux ou trois candidats sur la liste de la DGFiP, en cherchant leur raison sociale. Demandez enfin par écrit la réponse aux critères 14 et 15, export et réversibilité, avant de regarder le prix. Une offre qui répond mal à ces deux points coûte plus cher qu’elle n’en a l’air.
Le calendrier et le champ de l’obligation sont détaillés dans notre guide de la facturation électronique et de l’e-reporting. Si un outil de gestion structure déjà votre activité, notre comparatif des logiciels de comptabilité aide à situer sa place dans le dispositif. Ce choix se prépare bien avec son comptable, et il entre dans nos missions de comptabilité et fiscalité à Paris.
Sources officielles consultées
- impots.gouv.fr — liste officielle des plateformes agréées (page modifiée le 3 septembre 2026, fichiers du 2 et du 31 août 2026, relevé du 4 septembre 2026)
- impots.gouv.fr — facturation électronique et plateformes agréées (consultée le 4 septembre 2026)
- Légifrance — article 242 nonies E de l’annexe II au code général des impôts, fonctionnalités des plateformes agréées (version en vigueur depuis le 29 juillet 2026)
- Légifrance — articles 242 nonies E bis à E quater de l’annexe II au code général des impôts, changement de plateforme
- Légifrance — article L. 2192-5 du code de la commande publique
- Légifrance — article L. 102 B du livre des procédures fiscales, durée de conservation
- DGFiP — Facturation électronique : guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026 (juillet 2026)
- DGFiP — FAQ J’approfondis la facturation électronique (version du 1er septembre 2026)
Le nombre de plateformes agréées évolue chaque semaine : consultez la liste officielle avant toute décision engageante.
Informations vérifiées le 4 septembre 2026.
