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Quelle plateforme gratuite pour la facture électronique ?

Sommaire

Oui, des plateformes agréées proposent une offre à zéro euro, et la question posée sur les forums depuis février 2026 a une réponse claire. La vraie difficulté vient d’ailleurs : ces offres ne couvrent pas toutes le même périmètre, et le coût réapparaît sur des postes qu’on ne regarde pas au moment de s’inscrire. Nous avons relevé le 4 septembre 2026 les pages tarifaires publiques de six opérateurs immatriculés. Cette page dit ce qui est gratuit, ce qui bascule en payant, et ce que coûte réellement la conformité sur trois volumes d’activité.

En bref

  • Des plateformes agréées facturent bien zéro euro l’émission et la réception de factures électroniques, et certaines annoncent l’absence de limite de volume.
  • Une offre gratuite reste une offre commerciale : le prix se déplace vers les utilisateurs supplémentaires, l’archivage à valeur probante, l’accès de l’expert-comptable et les encaissements.
  • Un plan gratuit peut être réservé à un statut ou plafonné en nombre de factures par an, ce qui se lit dans les notes de bas de page.
  • Chez les éditeurs relevés le 4 septembre 2026 qui en affichent une, la première formule payante va de 5,85 à 17,99 euros hors taxes par mois.
  • Le coût qui échappe à toute grille tarifaire est le temps interne de reprise, quand l’outil gratuit ne se connecte pas à votre comptabilité.

Ce qui est réellement gratuit au 4 septembre 2026

La gratuité ne vient pas de l’État. Le service public d’échange que beaucoup attendaient a été supprimé par la loi de finances pour 2026, qui a abrogé le II de l’article 289 bis du code général des impôts, puis par l’arrêté du 27 juillet 2026. Les offres à zéro euro sont donc des offres d’éditeurs, financées par les formules payantes voisines. Cela ne les rend pas moins valables, cela change simplement la question à se poser.

Le relevé ci-dessous porte sur les pages tarifaires publiques de six opérateurs figurant sur la liste des plateformes agréées de la DGFiP, consultées le 4 septembre 2026. Il décrit ce que l’éditeur annonce, ce qui n’est pas la même chose qu’une fonction testée.

Éditeur et offre relevéeCe que l’éditeur annonce dedansLimite affichéePremière formule payante
Tiime, offre « Free »Plateforme agréée pour recevoir ou envoyer, factures et devis illimités, livre de recettes, acomptes, avoirs et multi-taux, suivi des paiements, accès gratuit aux données de facturation pour l’expert-comptableSans engagement, inscription à la plateforme agréée nécessaire17,99 € HT par mois, soit 215,88 € HT par an
Indy, offre « Essentiel »Facturation électronique via plateforme agréée, devis et factures illimités, comptabilité automatiséeSans frais cachés selon la page tarifaireÀ partir de 9 € HT par mois, facturé 108 € HT par an
Abby, offre « Basique »Facturation électronique, devis et factures illimités, livre des recettes et des achats, estimation des cotisations Urssaf, alertes de seuils de TVA100 % gratuit, sans engagement9 € HT par mois hors promotion, affiché 5,85 € HT au 4 septembre 2026
Pennylane, offre « Free »Édition et réception des factures en conformité, centralisation des factures et fournisseurs, application mobile, support 5 jours sur 7Réservée aux micro-entreprises, 1 utilisateur, 1 200 factures par an, sans collaboration avec l’expert-comptable7 € HT par mois
Dougs, logiciel de facturationDevis, factures et plateforme agréée intégréeAnnoncé sans limite de volume et sans obligation d’achatAucune formule payante de facturation affichée ; offre d’expertise comptable en ligne annoncée à partir de 79 € HT par mois
Qonto, outil de facturationDevis et factures personnalisés illimités, centralisation des factures clients, fournisseurs et notes de fraisL’outil est inclus dans un compte professionnel payant9 € HT par mois, facturé 108 € par an

Deux enseignements ressortent de ce relevé. Le premier tient à la nature de la gratuité : elle porte sur la fonction réglementaire, émettre et recevoir, presque jamais sur la gestion qui l’entoure. Le second tient au périmètre : deux offres seulement affichent explicitement l’accès de l’expert-comptable ou son absence, alors que ce point détermine votre organisation comptable pour l’année entière.

Ce qui bascule en payant

La liste suivante rassemble les fonctions que les éditeurs relevés placent dans leurs formules payantes. Elle sert de contrôle avant de conclure qu’une offre gratuite suffira.

  • La synchronisation bancaire et le rapprochement des transactions.
  • La collecte et la reconnaissance automatique des justificatifs d’achat, distincte du flux de facturation électronique.
  • L’archivage des justificatifs à valeur probante.
  • La gestion multi-utilisateurs, les rôles et les permissions.
  • L’accès de l’expert-comptable aux flux et les intégrations comptables, chez plusieurs éditeurs.
  • Les relances automatiques d’impayés et les scénarios de relance.
  • La signature électronique des devis.
  • Les liens de paiement et l’encaissement par carte, souvent doublés d’une commission sur les montants encaissés.
  • Les factures récurrentes et les abonnements.
  • La gestion des devises et des langues étrangères.
  • Les déclarations fiscales et sociales, l’Urssaf et la TVA.
  • L’accès aux interfaces de programmation, quand il n’est pas réservé aux formules hautes.

Deux postes méritent une attention particulière. L’archivage à valeur probante d’abord, parce que la conservation légale est de six ans aujourd’hui et passe à dix ans pour les documents dont le délai expire après le 1er janvier 2027, en application de la loi du 25 juin 2026. Payer un abonnement dix ans coûte davantage qu’il n’y paraît sur un devis mensuel. L’accès de l’expert-comptable ensuite : quand il est réservé à une formule payante, l’économie réalisée sur l’abonnement se transforme en heures de saisie ou en échanges de fichiers.

Le coût total sur trois volumes d’activité

Le tableau ci-dessous est un exemple pédagogique. Il combine trois situations d’activité avec les fourchettes de prix relevées le 4 septembre 2026 sur les pages tarifaires publiques citées plus haut. Les montants sont hors taxes et sur douze mois. Ils n’engagent aucun éditeur et doivent être revérifiés avant toute décision, les tarifs changeant sans préavis.

Poste de coût annuelVolume A : réception seule, moins de 50 factures émisesVolume B : 300 à 600 factures, deux utilisateursVolume C : plus de 1 200 factures, plusieurs entités
Abonnement à la plateforme agréée0 €, une offre gratuite couvre le besoin84 à 216 € selon la formule d’entrée retenueAu-delà des offres d’entrée, tarification sur devis chez la plupart des éditeurs
Utilisateurs supplémentairesSans objetSouvent inclus dans une formule payante, jamais dans la gratuitePoste principal, à chiffrer par utilisateur et par entité
Accès de l’expert-comptable0 € si l’offre gratuite le prévoit, sinon montée de formuleCompris dans certaines formules dès 19 € HT par moisÀ négocier avec le périmètre multi-entités
Archivage sur la durée légaleVérifier la restitution avant de compter zéroCoût de l’abonnement prolongé jusqu’à dix ansPoste à isoler contractuellement
Encaissement en ligneSans objet si vous êtes payé par virementCommission sur les montants encaissés, à ajouter au prix affichéIdem, avec un effet de volume marqué
Interfaces et connecteursSans objetSouvent réservés aux formules hautesPoste déterminant si vous automatisez vos flux
Temps interne de repriseQuelques heures la première annéeLe poste le plus lourd si l’outil ne se connecte pas à votre comptabilitéÀ traiter comme un projet, pas comme un abonnement

La lecture de ce tableau se résume à une phrase. En volume A, la conformité peut coûter zéro euro sans mauvaise surprise. En volume B, le prix affiché de l’abonnement représente encore la plus grande part du coût, mais la commission d’encaissement et le temps interne pèsent déjà. En volume C, la grille tarifaire publique cesse d’être un repère utile et le sujet devient contractuel.

Point de vigilance du cabinet

Le piège le plus coûteux n’est pas le prix, c’est le plafond caché dans une note de bas de page. Un plan gratuit peut être réservé à un statut juridique précis, limité à un utilisateur, ou plafonné à un nombre de factures par an. Une entreprise qui dépasse ce plafond en cours d’exercice bascule dans une formule payante au pire moment, celui où son activité progresse. Notez le plafond au moment de l’inscription et relisez-le au premier trimestre.

Vérifier qu’une offre gratuite est bien une plateforme agréée

Le contrôle prend deux minutes et évite une erreur difficile à rattraper. Ouvrez la page « Je consulte la liste des plateformes agréées » sur impots.gouv.fr, modifiée le 3 septembre 2026, et cherchez le nom de l’éditeur dans le fichier des opérateurs satisfaisant à l’ensemble des conditions. Ce fichier comptait 149 opérateurs lors de notre relevé du 4 septembre 2026 ; un second fichier recense 14 opérateurs en attente d’immatriculation définitive, ce qui n’est pas la même chose.

Cherchez la raison sociale et non la marque : plusieurs opérateurs se déclarent sous un nom d’entité dédiée ou sous un libellé qui reprend leur offre commerciale. Un outil absent des deux fichiers peut rester utilisable comme solution compatible, à condition qu’il soit raccordé à une plateforme agréée dont il vous donne le nom. En l’absence de nom, considérez que le raccordement n’est pas fait. La différence entre plateforme agréée et solution compatible tient à l’immatriculation : seule la première transmet vos factures et remet les données à l’administration. Un outil de facturation en ligne fréquemment cité comme gratuit sur les forums ne figure, au 4 septembre 2026, sur aucun des deux fichiers.

Questions fréquentes

Existe-t-il vraiment une plateforme agréée gratuite ?

Oui. Plusieurs opérateurs figurant sur la liste de la DGFiP proposent une offre à zéro euro couvrant l’émission et la réception de factures électroniques, certains sans limite de volume annoncée. La gratuité n’est pas une tolérance administrative mais un choix commercial : ces éditeurs vendent autour, gestion, comptabilité, compte professionnel ou expertise comptable. Rien ne garantit qu’une offre gratuite le restera, et rien ne l’interdit non plus. Le critère de sécurité reste la portabilité de vos données.

La facturation électronique est-elle payante ou gratuite ?

L’obligation, elle, n’a pas de prix : elle impose de passer par une plateforme agréée, sans dire laquelle ni à quel tarif. Le coût dépend donc du marché, et le marché propose aujourd’hui des offres à zéro euro comme des abonnements à plusieurs centaines d’euros par an. Ce qui a disparu, c’est la perspective d’un guichet public gratuit : elle a été écartée par la loi de finances pour 2026 puis par l’arrêté du 27 juillet 2026.

Comment faire une facture électronique gratuitement ?

En ouvrant un compte chez une plateforme agréée qui propose une offre à zéro euro, puis en donnant l’accord formel qui lui permet d’inscrire votre adresse de facturation électronique dans l’annuaire central. Vous ne vous inscrivez pas vous-même dans cet annuaire : c’est votre plateforme qui le fait. La saisie se fait ensuite dans son interface ou dans un logiciel raccordé. Aucune manipulation de fichier XML n’est demandée à l’entreprise. Les formats admis, Factur-X, UBL et CII relèvent des obligations imposées aux plateformes agréées, pas des entreprises.

Quel est le meilleur logiciel de facturation électronique gratuit ?

La question n’a pas de réponse générale, et les classements disponibles en ligne sont presque tous publiés par des éditeurs qui y figurent. Trois questions départagent les offres bien mieux qu’un palmarès. Le plan gratuit couvre-t-il l’émission ou seulement la réception ? Est-il réservé à un statut ou plafonné en nombre de factures ? Votre expert-comptable accède-t-il aux flux sans surcoût ? Une offre qui répond correctement à ces trois points vous conviendra, quel que soit son rang dans un comparatif. Le choix d’un opérateur payant obéit à la même logique, avec une grille de seize critères pour comparer les plateformes agréées dans laquelle le prix arrive en dernier.

Ma banque me facture un abonnement pour la conformité, est-ce obligatoire ?

Non. Vous êtes libre de choisir votre plateforme agréée, et rien ne vous oblige à retenir celle que propose votre banque. Vous pouvez même retenir une plateforme de réception distincte de votre plateforme d’émission. Avant d’accepter un abonnement bancaire, vérifiez ce qu’il couvre exactement, et comparez-le aux offres des éditeurs figurant sur la liste de la DGFiP. La seule contrainte réelle est de passer par un opérateur immatriculé.

Que se passe-t-il si mon offre gratuite devient payante ?

Vous partez, et le départ est encadré. Le code général des impôts fixe une procédure de mobilité entre plateformes, avec des délais courts pour l’accord, une possibilité d’opposition de l’opérateur que vous quittez, et le maintien de certains services par lui pendant un an. Ce cadre protège votre adressage, pas votre historique. La question à poser dès l’inscription porte donc sur l’export : quelles données, sous quel format, et à quel prix.

Le calcul à faire avant de vous inscrire

Additionnez quatre lignes plutôt qu’une. L’abonnement annuel, le nombre d’utilisateurs qui devront réellement se connecter, la commission d’encaissement si vous vous faites payer en ligne, et les heures que votre équipe passera à ressaisir ce que l’outil ne transmet pas à votre comptabilité. Comparez ensuite ce total à celui d’une offre payante qui supprime la quatrième ligne. Le résultat surprend souvent dès le volume B. Le même calcul se pose au moment de quitter un modèle de facture sous Word ou Excel, dont le coût de bascule dépend surtout du nombre de factures émises chaque mois.

Le calendrier et le champ de l’obligation sont détaillés dans notre guide de la facturation électronique et de l’e-reporting. Pour situer votre outil de gestion dans le dispositif, notre comparatif des logiciels de comptabilité donne les critères de sélection. Ce chiffrage fait partie de ce que nous instruisons en comptabilité et fiscalité à Paris, notamment pour les indépendants, chez qui la question du coût arrive avant toutes les autres.

Sources officielles consultées

Les tarifs cités proviennent des pages tarifaires publiques des éditeurs, relevées le 4 septembre 2026, sans lien commercial ni partenariat d’aucune sorte. Ils changent sans préavis.

Informations vérifiées le 4 septembre 2026.

joachim benchimol expert comptable Myne

Joachim Benchimol

Expert-comptable & Commissaire aux comptes

Co-fondateur de Myne. Fort d'une expérience en audit légal, Joachim excelle dans la révision comptable, le contrôle interne et le conseil aux PME.

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