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Comment respecter l’obligation de facturation électronique ?

Sommaire
  1. Où en est l’obligation au 4 septembre 2026
  2. Réception, émission, e-reporting : trois obligations distinctes
  3. Qui est concerné et qui ne l’est pas
  4. Les opérations qui restent en dehors du circuit électronique
  5. Plateforme agréée, solution compatible et annuaire central
  6. Ce qu’il reste du dispositif public
  7. Une facture PDF transmise par e-mail après le 1er septembre 2026
  8. E-reporting : ce que l’administration attend en plus des factures
  9. Formats et nouvelles mentions
  10. Sanctions et tolérance de démarrage
  11. Où en est réellement votre entreprise
  12. Dix contrôles à passer avant la fin de l’année 2026
  13. Le calendrier qu’il reste à tenir
  14. Ce que Myne peut sécuriser
  15. Questions fréquentes
  16. Sources officielles consultées

L’obligation est entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Depuis cette date, toute entreprise assujettie à la TVA établie en France doit pouvoir recevoir ses factures par une plateforme agréée, et les grandes entreprises comme les entreprises de taille intermédiaire doivent émettre leurs factures B2B domestiques par ce même circuit. Les PME et les micro-entreprises basculent à l’émission le 1er septembre 2027. Voici ce qui s’applique réellement aujourd’hui, ce que l’administration accepte pendant la phase de démarrage, et les contrôles à passer avant la fin de l’année.

En bref

  • Si rien n’est fait, la première action est de désigner une plateforme agréée de réception et de laisser cette plateforme inscrire votre adresse dans l’annuaire central.
  • La réception concerne tous les assujettis établis en France depuis le 1er septembre 2026, franchise en base et micro-entrepreneurs compris.
  • L’émission électronique et l’e-reporting ne s’imposent aux PME et aux micro-entreprises qu’au 1er septembre 2027, la taille étant lue au 1er janvier 2025.
  • Une facture reçue en PDF par courriel après le 1er septembre 2026 se traite, se paie et ouvre droit à déduction : elle ne doit pas être écartée.
  • Le ministère annonce une phase de tolérance jusqu’à la fin de l’année 2026 pour les entreprises de bonne foi, mais l’amende de 50 € par facture non émise sous forme électronique figure toujours dans le texte.

Où en est l’obligation au 4 septembre 2026

L’article 91 de la loi de finances pour 2024 autorisait un report par décret jusqu’au 1er décembre 2026. Aucun décret n’a été pris : la réforme a démarré à la date prévue, ce que le ministère de l’Économie a confirmé le jour même.

Taille au 1er janvier 2025RéceptionÉmission B2B domestiqueE-reporting
Grande entreprise1er septembre 20261er septembre 20261er septembre 2026
Entreprise de taille intermédiaire1er septembre 20261er septembre 20261er septembre 2026
PME1er septembre 20261er septembre 20271er septembre 2027
Micro-entreprise, dont micro-entrepreneur1er septembre 20261er septembre 20271er septembre 2027

La catégorie se lit au 1er janvier 2025, d’après le dernier exercice clos avant cette date et pour chaque SIREN pris isolément, selon les seuils de l’article 3 du décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008. Une société civile immobilière s’apprécie donc pour elle-même, point que nous reprenons avec les obligations de facturation électronique d’une SCI. Une croissance intervenue depuis ne fait pas basculer l’entreprise sur l’échéance 2026, et une baisse d’activité ne lui fait pas gagner une année.

Le ministère indiquait le 1er septembre 2026 que 4 millions d’entreprises avaient désigné leur adresse de réception et que 66 % du « cœur de cible » avaient choisi leur plateforme. Une part notable des entreprises françaises est donc arrivée à l’échéance sans raccordement. Chez les indépendants, ce raccordement passe le plus souvent par l’outil déjà utilisé au quotidien, que nous comparons pour Indy, Qonto et Pennylane face à la facture électronique.

Réception, émission, e-reporting : trois obligations distinctes

Trois plateaux portant des piles de feuilles vierges, deux seulement reliés par un cordon
Recevoir, émettre, transmettre les données : trois obligations à des échéances différentes.

Une confusion coûteuse consiste à traiter la réforme comme un bloc unique. Elle porte trois obligations distinctes, qui ne démarrent pas au même moment et ne pèsent pas sur les mêmes opérations. Selon l’activité, l’une d’elles pèse bien plus que les autres, comme le montrent les obligations de facturation électronique d’un cabinet d’avocats.

  • La réception vise toutes les entreprises assujetties établies en France depuis le 1er septembre 2026. Elle ne dépend pas de la taille : elle découle de l’obligation d’émission de vos fournisseurs. Le périmètre exact des entreprises concernées par la facturation électronique se lit profil par profil.
  • L’émission vise les factures entre assujettis établis en France, acomptes compris, lorsque l’opération est soumise à facturation. Elle passe obligatoirement par une plateforme agréée, dans un format structuré.
  • L’e-reporting vise ce qui échappe à la facture électronique : ventes aux particuliers, opérations avec des assujettis non établis en France, acquisitions autoliquidées, puis les encaissements sur les prestations taxées au paiement. Nous reprenons ces obligations d’e-reporting régime de TVA par régime de TVA.

Une entreprise qui n’émet aucune facture reste concernée par la réception. Un cabinet médical exonéré, une association exonérée au titre des articles 261 à 261 E, un loueur en meublé sans TVA relevant du LMNP : aucun n’émet de facture électronique, tous reçoivent des factures de fournisseurs tenus, eux, de les émettre.

Qui est concerné et qui ne l’est pas

Le critère est l’assujettissement à la TVA et l’établissement en France, pas le chiffre d’affaires ni la forme juridique. Sont concernés les sociétés commerciales, les entreprises individuelles, les professions libérales, les micro-entrepreneurs y compris en franchise en base, les associations et les SCI dès lors qu’elles sont assujetties. En franchise en base, les seuils applicables en 2026 sont toujours 85 000 € et 37 500 €. Le projet de seuil unique à 25 000 € n’a jamais pris effet.

Restent en dehors les personnes non assujetties : particuliers, associations sans activité lucrative assujettie, holdings purement patrimoniales, SCI non assujetties. Une holding animatrice qui facture des prestations à ses filiales est, elle, pleinement concernée. La Guadeloupe, la Martinique et La Réunion entrent dans la facturation électronique. La Guyane, Mayotte et les collectivités d’outre-mer en sortent, tout en pouvant relever de l’e-reporting. Le raisonnement se mène opération par opération : un organisme de formation qui vend des sessions exonérées et loue des salles avec TVA facture électroniquement ses locations, pas ses formations.

Les opérations qui restent en dehors du circuit électronique

  • Les opérations exonérées et dispensées de facturation au titre des articles 261 à 261 E : soins, enseignement, banque et assurance, locations immobilières exonérées. Ni facture électronique, ni e-reporting en émission : une situation que nous détaillons pour les entreprises qui ne facturent aucune TVA.
  • Les ventes et prestations aux particuliers, reprises par l’e-reporting B2C sous forme de données agrégées par jour, sans donnée nominative.
  • Les livraisons intracommunautaires exonérées et les opérations soumises à des règles de facturation étrangères, exclues par le V de l’article 289 bis mais reprises par l’e-reporting, selon les règles propres à la facturation électronique avec un client étranger.
  • Les opérations couvertes par le secret de la défense nationale, exclues par le IV de l’article 289 bis.

Point de vigilance du cabinet

Une activité exonérée ne dispense pas de la réception. Un médecin, un organisme de formation ou un bailleur exonéré reste un assujetti : sans plateforme agréée de réception déclarée dans l’annuaire, ses factures d’achat provenant de fournisseurs déjà soumis à l’émission n’ont plus d’adresse de destination connue. Le risque immédiat est de ne plus recevoir ses factures d’achat, bien avant toute question d’amende.

Plateforme agréée, solution compatible et annuaire central

Une plateforme agréée est un opérateur privé immatriculé par la DGFiP pour trois ans renouvelables, après examen de sa conformité fiscale, de la sécurité de ses infrastructures et de son interopérabilité. Au 3 septembre 2026, la liste officielle comptait 149 plateformes immatriculées et 14 opérateurs en attente des tests d’interopérabilité. Ce nombre bouge chaque semaine : il se vérifie sur la liste, jamais sur un article de presse. Encore faut-il trancher, ce à quoi servent nos critères pour choisir une plateforme agréée de facturation électronique.

Une solution compatible est autre chose : un logiciel de facturation, de caisse ou de comptabilité, non immatriculé, qui s’appuie sur une plateforme agréée pour transmettre factures et données. La question utile n’est donc pas « plateforme ou logiciel », mais qui, dans votre chaîne d’outils, porte l’immatriculation et la responsabilité de la transmission. Nous avons posé cet arbitrage entre plateforme agréée et logiciel simplement compatible.

Vous restez libre de choisir une ou plusieurs plateformes, et celle qui reçoit peut différer de celle qui émet. Un fournisseur ne peut pas vous imposer un format. Point souvent mal compris : l’entreprise ne s’inscrit pas elle-même dans l’annuaire central. C’est sa plateforme agréée qui y déclare ses informations d’adressage, sur accord formel. La consultation de cet annuaire est ouverte à tous depuis le 18 septembre 2025, gratuitement et sans compte : la marche à suivre pour vérifier son adresse dans l’annuaire de facturation électronique tient en quelques minutes.

Ce qu’il reste du dispositif public

Le projet initial prévoyait un service public gratuit d’émission et de réception. Ce volet a disparu : le II de l’article 289 bis est abrogé depuis la loi de finances pour 2026, et l’arrêté du 27 juillet 2026 a retiré le portail public du circuit d’échange. Aucune option gratuite d’État ne permet aujourd’hui d’émettre ou de recevoir des factures B2B. Des opérateurs privés proposent en revanche une offre à zéro euro, dont nous avons relevé les limites réelles dans notre revue des plateformes de facturation électronique gratuites.

Il reste l’annuaire central, qui indique à la plateforme de l’émetteur où router la facture, et le concentrateur qui reçoit les données transmises par les plateformes. Chorus Pro reste la référence pour la sphère publique, avec des exclusions maintenues sur les marchés de travaux et les mémoires de frais de justice. Ces exclusions concernent au premier chef les entreprises du bâtiment, dont nous traitons la facturation électronique dans le BTP.

Une facture PDF transmise par e-mail après le 1er septembre 2026

Un PDF envoyé par courriel n’est pas une facture électronique au sens de l’article 289 bis : une facture électronique est émise, transmise et reçue sous forme dématérialisée, comporte un socle de données structurées et transite par une plateforme agréée. La conséquence pratique diffère selon que vous recevez ou que vous émettez.

Si vous recevez un PDF ou une facture papier, le guide pratique de démarrage publié par la DGFiP en juillet 2026 est explicite : la facture ne doit pas être écartée. Elle se traite, elle se paie, et la TVA reste déductible si l’opération est réelle et les mentions présentes. Réclamer une régularisation au fournisseur n’est pas obligatoire pendant le démarrage. Les gestes à installer pour recevoir ses factures électroniques dans les règles se mettent en place en une demi-journée.

Si vous émettez en tant que grande entreprise ou ETI, la réponse est inverse : le courriel ne satisfait pas votre obligation. Le guide admet un canal alternatif uniquement pour éviter un blocage d’activité ou de trésorerie, à charge de transmettre la même facture par le circuit électronique dans les meilleurs délais. Le document envoyé hors circuit doit être identifié comme duplicata ou copie de continuité. La procédure complète pour envoyer une facture électronique conforme décrit chaque statut du cycle de vie.

E-reporting : ce que l’administration attend en plus des factures

L’e-reporting de transaction couvre les ventes aux particuliers, les opérations avec des assujettis non établis en France, les ventes à distance intracommunautaires et les acquisitions autoliquidées. Les données B2C sont cumulées par jour et par taux, sans identification du client. Les opérations internationales entre professionnels remontent facture par facture. Un site de vente en ligne cumule souvent ces cas, d’où une page consacrée à la facturation électronique en e-commerce. L’e-reporting de paiement vise les opérations dont la TVA est exigible à l’encaissement, donc l’essentiel des prestations de services, sauf autoliquidation et sauf option pour les débits. Le client n’a rien à déclarer : c’est le fournisseur qui transmet l’encaissement.

La périodicité suit votre régime de TVA : trois transmissions par mois au réel normal, une par mois au régime simplifié, une tous les deux mois en franchise en base. Aucune transmission n’est due sur une période sans opération concernée, et vos déclarations de TVA restent inchangées. Ce calendrier vaut aussi pour l’e-reporting des paiements, à la charge du fournisseur.

Formats et nouvelles mentions

Les formats admis reposent sur la norme européenne EN 16931 : profils EN 16931 et EXTENDED-CTC-FR en CII, les mêmes profils en UBL, et le format mixte associant un XML structuré et un PDF/A-3, connu sous le nom de Factur-X. Vous ne manipulez pas ces fichiers, votre plateforme ou votre logiciel s’en charge. Ce que recouvrent les formats Factur-X, UBL et CII se lit néanmoins utilement avant de choisir un outil.

Quatre mentions s’ajoutent aux mentions classiques : le SIREN du client, l’adresse de livraison lorsqu’elle diffère de celle du client, la nature de l’opération (biens, services ou les deux) et l’option pour le paiement de la taxe d’après les débits. Les factures d’un montant hors taxes inférieur ou égal à 150 € échappent à certaines d’entre elles, dont le SIREN du client. La liste consolidée des mentions obligatoires d’une facture électronique reprend les anciennes et les nouvelles.

Sanctions et tolérance de démarrage

Les montants ci-dessous sont ceux des textes consolidés applicables depuis le 21 février 2026. Plusieurs pages en ligne affichent encore 15 € par facture pour le défaut d’émission, et la FAQ de la DGFiP n’a pas été corrigée sur ce point : le texte prime. Le régime complet des sanctions de la facturation électronique, plafonds et atténuations compris, est détaillé par ailleurs.

Manquement de l’entrepriseTexteAmendePlafond annuel
Facture non émise sous forme électroniqueCGI, art. 1737 III50 € par facture15 000 €
Pas de plateforme agréée pour recevoirCGI, art. 1737 IV bis500 €, puis 1 000 € par trimestreAprès mise en demeure
Transmission d’e-reporting non effectuéeCGI, art. 1788 D I et II500 € par transmission15 000 €

S’y ajoutent deux amendes que l’entreprise ne supporte pas : celles qui frappent la plateforme agréée lorsqu’elle ne transmet pas les données de facture ou l’e-reporting. Le texte prévoit aussi une amende de 15 € par mention omise ou inexacte, dont le plafond est le quart du montant de la facture. Deux amortisseurs jouent en votre faveur : une première infraction rapidement réparée échappe à l’amende, et l’absence de plateforme de réception ne peut être sanctionnée qu’après une mise en demeure suivie d’un trimestre sans régularisation.

Une doctrine d’application se superpose au texte. Le ministre de l’Action et des Comptes publics a annoncé le 11 juillet 2026 une approche de tolérance et de bienveillance au démarrage, et le communiqué du 1er septembre 2026 a confirmé une phase de tolérance couvrant la fin de l’année. Attention au contresens : ce n’est pas un report, et l’administration en exclut l’inertie, l’évitement et le refus durable d’entrer dans le dispositif.

Où en est réellement votre entreprise

Les chiffres publiés par le ministère décrivent une situation intermédiaire plutôt qu’un partage net entre entreprises prêtes et entreprises à l’arrêt. La matrice ci-dessous sert donc à situer chacun des six chantiers séparément, plutôt qu’à répondre par oui ou par non à l’ensemble. Les activités tournées vers le grand public, comme la restauration et le commerce de détail, ne les ouvrent pas tous de la même façon.

ChantierFaitPartiellement faitNon fait
RéceptionContrat signé, adresse visible dans l’annuaire, une facture entrante reçueContrat signé, aucune facture entrante encore reçueAucune plateforme désignée : action prioritaire
Base clientsSIREN valides et adresses de livraison à jour sur tous les clients professionnelsSIREN présents sur les principaux comptes seulementAucun SIREN client dans l’outil de facturation
Mentions de factureLes quatre nouvelles mentions sortent automatiquement du logicielMentions ajoutées à la main sur certains modèlesModèles inchangés depuis 2024
ÉmissionFactures acceptées par le circuit, statuts suivisÉmission active sur une partie des flux seulementToutes les factures partent encore par courriel
E-reportingTransactions et paiements transmis à la bonne fréquenceTransactions transmises, paiements non paramétrésAucune transmission, aucune fréquence identifiée
Preuve de conformitéContrat, calendrier et tickets support archivésÉchanges épars dans les boîtes mailAucune trace écrite

La colonne du milieu est la plus instructive. C’est elle que la DGFiP regarde lorsqu’elle apprécie une trajectoire de mise en conformité : part du périmètre déjà conforme, documentation, rapidité de régularisation. Le guide de juillet 2026 est explicite : une déclaration d’intention ne suffit pas. Le partage des rôles avec votre expert-comptable sur la facturation électronique conditionne largement cette documentation.

Dix contrôles à passer avant la fin de l’année 2026

  1. Rechercher votre SIREN dans l’annuaire public et vérifier qu’une plateforme de réception y figure à votre nom.
  2. Vérifier que chaque établissement secondaire actif en facturation dispose d’une adresse de destination utilisable.
  3. Retrouver l’accord formel signé avec votre plateforme : sans lui, elle ne peut pas actualiser vos données d’adressage.
  4. Ouvrir la boîte de réception de la plateforme et confirmer qu’au moins une facture fournisseur y est arrivée depuis le 1er septembre.
  5. Désigner qui consulte cette boîte et à quelle fréquence : une facture reçue et jamais lue devient un impayé.
  6. Contrôler le SIREN de vos vingt premiers clients en volume, puis étendre au reste du fichier.
  7. Éditer une facture de test et vérifier la présence des quatre nouvelles mentions, nature de l’opération comprise ; un modèle bureautique n’y suffira pas, comme le montre notre page sur la facturation électronique avec Word ou Excel.
  8. Identifier votre régime de TVA et la fréquence d’e-reporting qui en découle, même si l’obligation ne démarre qu’en 2027.
  9. Demander par écrit à votre éditeur, Sage, EBP, Odoo ou Dolibarr, le nom de la plateforme agréée à laquelle il vous raccorde et le partage des responsabilités.
  10. Archiver dans un dossier unique contrat, échanges avec l’éditeur, calendrier de raccordement et tickets support : c’est votre preuve de diligence.

Le calendrier qu’il reste à tenir

Deux échéances restent devant nous. Le 1er septembre 2027, les PME et les micro-entreprises, auto-entrepreneurs compris, passent à l’émission électronique et à l’e-reporting. Un report par décret demeure juridiquement possible jusqu’au 1er décembre 2027, sans qu’aucun ait été annoncé. Le 1er janvier 2027, les articles TVA du code général des impôts basculent dans le code des impositions sur les biens et services, à droit constant : les règles ne changent pas, les références oui.

Une échéance passe plus discrètement. La loi du 25 juin 2026 porte de six à dix ans le délai de conservation des documents sur lesquels s’exercent les droits de communication et de contrôle, pour ceux dont le délai expire après le 1er janvier 2027. Une facture de 2021 que vous vous apprêtiez à détruire doit donc être gardée quatre années de plus.

Ce que Myne peut sécuriser

Nous cadrons la qualification de vos flux, la fiabilisation de votre base clients, le choix et le paramétrage de la plateforme agréée, puis le contrôle des premières factures émises et reçues. Ces travaux s’intègrent à nos missions de comptabilité et de fiscalité à Paris. Pour les entreprises équipées de Pennylane, nous avons détaillé le raccordement dans notre article sur la préparation à la facturation électronique avec Pennylane. Si un flux résiste à la qualification, vous pouvez exposer votre situation au cabinet pour un premier cadrage.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une facture électronique au sens de la réforme ?

C’est une facture émise, transmise et reçue sous forme dématérialisée, qui comporte un socle minimal de données structurées et qui transite par une plateforme agréée. Les trois conditions se cumulent. Un PDF, même produit par un logiciel de facturation et envoyé par courriel, n’en remplit qu’une seule : il ne relève pas de l’article 289 bis du code général des impôts.

Le calendrier de la facturation électronique peut-il encore être reporté ?

Pour le 1er septembre 2026, la question est close : la faculté de report par décret ouverte par l’article 91 de la loi de finances pour 2024 n’a pas été utilisée. Pour l’échéance PME et micro-entreprises du 1er septembre 2027, la même faculté reste ouverte jusqu’au 1er décembre 2027, sans qu’aucun report ait été annoncé au 4 septembre 2026. La tolérance de sanction annoncée pour la fin 2026 ne modifie ni les dates ni les obligations.

Mon entreprise bascule-t-elle en 2026 ou en 2027 ?

Pour la réception, la réponse est 2026 pour tout le monde. Pour l’émission et l’e-reporting, tout dépend de votre catégorie appréciée au 1er janvier 2025 : grandes entreprises et ETI depuis le 1er septembre 2026, PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027. Le calendrier connaît une exception : les membres d’un assujetti unique au sens de la TVA de groupe basculent en 2026, quelle que soit leur taille individuelle.

Comment mettre en place la facturation électronique dans une petite entreprise ?

Commencez par la réception, déjà obligatoire : une plateforme agréée, un accord signé, une adresse visible dans l’annuaire. Nettoyez ensuite votre fichier clients, le SIREN devenant une mention obligatoire, et demandez à votre éditeur à quelle plateforme il vous raccorde. Terminez par quelques factures pilotes avant l’échéance d’émission : découvrir un rejet de format en pleine clôture coûte bien plus cher qu’un test en octobre.

Comment reconnaître une facture électronique conforme parmi celles que je reçois ?

Elle arrive dans l’espace de votre plateforme agréée, pas dans votre messagerie. Elle porte un statut de cycle de vie visible par les deux parties, parmi les quatre statuts obligatoires que sont le dépôt, le rejet, le refus et l’encaissement. Un document arrivé par courriel, même accompagné d’un fichier XML, n’a pas emprunté le circuit.

Sources officielles consultées

Informations vérifiées le 4 septembre 2026.

Ilan Dubois-Pfaelzer est associé de Myne depuis 2023. Il est entré dans la profession chez PwC, d'abord en stage puis comme collaborateur, avant de rejoindre DSA Experts puis Experts Entreprendre, où il a été chef de mission pendant près de sept ans puis associé.

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