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Abonnements, bits et dons Twitch : que faut-il vraiment déclarer ?

Sommaire

Abonnements, bits et dons ne sont pas des cadeaux : ce sont des recettes de l'activité.

Presque tout. Les abonnements, les bits, les revenus publicitaires, le sponsoring et les placements de produit sont des recettes professionnelles imposables en bénéfices non commerciaux. Les dons des viewers le sont également dès qu’ils rémunèrent une diffusion habituelle et lucrative, quel que soit le nom qu’on leur donne : seul le don isolé, étranger à toute prestation et non susceptible de se renouveler, reste hors du champ.

Mise à jour le 23 septembre 2026

Ce que dit le texte

Le fondement est l’article 92 du code général des impôts, commenté par le BOFiP BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-40, consacré aux exploitations lucratives et sources de profits. Sont imposables en BNC tous les bénéfices ou profits provenant d’occupations ou d’opérations lucratives, dès lors qu’ils ne se rattachent pas à une autre catégorie de revenus. Le même document précise qu’une opération unique suffit lorsque la source du profit est susceptible de se renouveler, et que les profits d’exploitations lucratives relèvent des BNC lorsqu’ils rémunèrent les démarches et diligences accomplies par le contribuable.

Le régime applicable est celui du micro-BNC tant que les recettes restent sous le plafond donné par la fiche F23267 de service-public.fr : 83 600 € pour les activités libérales, avec un abattement forfaitaire de 34 % et un minimum de 305 €. Le seuil s’apprécie sur les deux années précédentes.

Côté social, le décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 fixe les taux globaux de cotisations des travailleurs indépendants en microentreprise applicables aux périodes courant à compter du 1er janvier 2026. Pour une activité libérale non réglementée, ce taux global s’établit à 25,6 % du chiffre d’affaires.

Les cinq flux d’un streamer et leur qualification

Une chaîne Twitch génère rarement un seul type de revenu. Chaque flux se qualifie séparément, mais tous convergent vers la même catégorie fiscale dès lors que la diffusion est régulière et lucrative.

  • Les abonnements, Prime comprise, versés par la plateforme selon la répartition contractuelle : recette professionnelle acquise au moment où la plateforme arrête le décompte mensuel.
  • Les bits, achetés par le viewer à la plateforme puis convertis : recette professionnelle, pour le montant brut acquis au streamer tel qu’il figure sur le relevé de paiement.
  • Les revenus publicitaires servis au titre des coupures diffusées pendant le live.
  • Les dons directs, reçus hors plateforme via un outil de collecte ou un compte de paiement.
  • Le sponsoring, les placements de produit et l’affiliation, facturés à une marque ou à une agence, avec ou sans dotation en nature associée.

Les quatre premiers flux sont versés par la plateforme ou par un prestataire de paiement, le cinquième est facturé par le créateur. Cette distinction commande le traitement en TVA, car l’entité qui verse les sommes détermine le lieu d’imposition de la prestation. Elle figure sur vos relevés Twitch et se vérifie ligne à ligne, comme l’explique notre page sur la TVA de l’influenceur et le numéro intracommunautaire.

Les dons des viewers : libéralité ou recette professionnelle

C’est la question la plus posée, et la réponse la plus souvent fausse sur le web. Un don n’est pas exonéré parce qu’il porte le nom de don. Le BOFiP raisonne sur la source du profit : si la somme récompense une diffusion régulière, organisée, ouverte au public et destinée à produire un revenu, elle rémunère une occupation lucrative et relève des BNC.

Trois indices emportent la qualification de recette professionnelle : la régularité des diffusions, l’existence d’une contrepartie même symbolique, message affiché à l’écran, remerciement nominatif, accès à un salon privé, et le caractère renouvelable de la source. Un streamer qui diffuse plusieurs fois par semaine et affiche un lien de don permanent réunit ces trois indices.

La libéralité véritable existe, mais elle est rare : un versement isolé, sans contrepartie, sans lien avec une prestation et sans possibilité de renouvellement. Une cagnotte ponctuelle ouverte à titre personnel, étrangère à l’activité de diffusion, en relève. Le traitement est identique sur les autres plateformes, comme le montre notre page consacrée à la façon de déclarer ses revenus TikTok, où les cadeaux virtuels obéissent au même raisonnement.

Quel régime d’imposition selon le montant encaissé

Tant que les recettes annuelles restent sous 83 600 €, le micro-BNC s’applique de plein droit : l’abattement forfaitaire de 34 % remplace toute charge réelle, avec un minimum de 305 €. Au-delà, le régime de la déclaration contrôlée devient obligatoire et les dépenses réelles sont déduites pour leur montant justifié.

Exemple. Un streamer encaisse sur l’année 11 000 € d’abonnements, 4 200 € de bits, 2 800 € de dons directs et 9 000 € de sponsoring, soit 27 000 € de recettes. Il reste sous 83 600 € et relève donc du micro-BNC : après l’abattement de 34 %, son bénéfice imposable s’établit à 17 820 €. Ses cotisations sociales, au taux global de 25,6 %, représentent 6 912 € sur l’année. Ses recettes restant sous 37 500 €, il conserve par ailleurs la franchise en base de TVA.

Le calcul bascule dès que les charges réelles dépassent 34 % des recettes. Matériel de capture, machine de montage, abonnements logiciels, connexion dédiée, local : un streamer équipé atteint vite ce ratio, et le micro devient alors le régime le plus coûteux. Le détail figure dans notre page sur les charges déductibles du créateur de contenu. Le raisonnement vaut aussi pour les autres plateformes, notamment pour l’imposition des revenus YouTube.

Les pièces à conserver et où les récupérer

La reconstitution des recettes d’un streamer se fait à partir de quatre sources, à télécharger chaque mois plutôt qu’une fois par an.

  • Les relevés de paiement du tableau de bord créateur, qui détaillent abonnements, bits et publicité, en brut et en net.
  • Les relevés du prestataire de paiement utilisé pour les dons directs, exportés au format de son choix.
  • Les factures émises aux marques et aux agences pour le sponsoring et les placements de produit.
  • Le relevé du compte bancaire professionnel, qui sert de point de rapprochement final.

Le décalage entre le mois de la diffusion et le mois du virement est la première source d’erreur : les recettes se rattachent à l’exercice selon leur date d’encaissement en BNC, et un versement de décembre encaissé en janvier ne relève pas du même exercice que la diffusion qui l’a généré.

Ce que fait le cabinet

Myne reconstitue vos recettes à partir des relevés de plateforme et des comptes de paiement, les intègre dans la tenue courante sur Pennylane et établit votre déclaration de résultat ainsi que vos déclarations sociales. La liste des pièces attendues chaque mois et le périmètre des déclarations couvertes sont fixés dans la lettre de mission.

Pour situer ces règles dans l’ensemble de votre situation, statut, TVA, passage en société, voyez notre page d’expert-comptable pour créateurs de contenu.

Questions fréquentes

Les dons Twitch sont-ils imposables ?

Oui dans la quasi-totalité des cas. Dès que la diffusion est régulière et lucrative, le don rémunère une occupation lucrative et relève des BNC, quelle que soit sa dénomination.

Faut-il un statut pour streamer sur Twitch ?

Dès que les revenus sont perçus de façon habituelle, l’activité doit être déclarée et immatriculée. Le micro-entrepreneur en libéral non réglementé est le cadre le plus courant au démarrage.

Quel est le plafond du micro-BNC pour un streamer ?

83 600 € de recettes annuelles, seuil figé pour 2026, 2027 et 2028, avec un abattement forfaitaire de 34 % et un minimum de 305 €.

Les bits se déclarent-ils en brut ou en net ?

En brut. La recette est le montant acquis au streamer avant prélèvement des frais de plateforme, tel qu’il ressort du relevé de paiement ; ces frais constituent une charge, déductible au seul régime réel. La part qui revient contractuellement à la plateforme au titre du partage de revenus n’est en revanche jamais acquise au streamer et n’entre pas dans ses recettes.

Un streamer doit-il facturer la TVA ?

Pas tant que ses recettes de prestations de services restent sous 37 500 €. Il peut malgré tout devoir détenir un numéro de TVA intracommunautaire selon l’entité qui lui verse ses revenus.

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Portrait de Joachim Benchimol, expert-comptable et commissaire aux comptes, cofondateur et associé du cabinet Myne

Joachim Benchimol

Expert-comptable et commissaire aux comptes, cofondateur et associé

Joachim Benchimol a cofondé Myne en 2023. Il a commencé en audit financier chez BM&A, sur des mandats de PME allant jusqu'à 50 millions d'euros de chiffre d'affaires, puis a passé dix ans chez Experts et Entreprendre, d'abord chef de mission expertise comptable et audit, puis associé.

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