Myne est un cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes installé à Paris 17e. Nous suivons des pédicures-podologues en cabinet individuel, en groupe ou avec un laboratoire de fabrication intégré. Votre activité combine un acte de soin exonéré, une production d’orthèses sur mesure et un équipement d’atelier à amortir : trois logiques qui n’ont ni la même marge ni le même traitement fiscal.
Les défis comptables, fiscaux et sociaux propres au pédicure-podologue
Ce qui est exonéré et ce qui ne l’est pas
Les soins dispensés par les auxiliaires médicaux, dont les pédicures-podologues, sont exonérés de TVA. L’exonération couvre les soins de pédicurie, l’examen clinique et la délivrance d’orthèses plantaires réalisées dans le cadre du traitement, ces dispositifs étant indissociables de l’acte de soin.
Elle ne couvre pas la vente de produits de confort (chaussures, crèmes, semelles de série, accessoires) qui constitue une activité commerciale distincte. Cette double nature emporte deux conséquences que peu de cabinets traitent : au-delà de la franchise en base, la partie négoce devient taxable, et le résultat correspondant relève des bénéfices industriels et commerciaux, non des bénéfices non commerciaux. La règle d’attraction des recettes accessoires a des limites qu’il faut vérifier chaque année.
Le laboratoire de fabrication n’est pas un poste de charges, c’est un atelier
Dès que vous fabriquez vos orthèses, votre cabinet possède un outil de production : podoscope, plateforme de pression, thermoformeuse, fraiseuse numérique, stock de résines, mousses et coques. Cela suppose trois traitements distincts.
- Un stock de matières à valoriser à la clôture, souvent oublié parce qu’il est physiquement dispersé dans l’atelier.
- Un coût de revient par paire intégrant matière, temps de fabrication et amortissement de l’équipement. Sans lui, impossible d’arbitrer entre fabrication interne et sous-traitance à un laboratoire externe.
- Des amortissements alignés sur la durée d’utilisation réelle, sachant que la TVA supportée sur ces équipements n’est pas déductible si l’activité est exclusivement exonérée.
Le tiers payant et les délais de la LPP
Les orthèses plantaires sont inscrites sur la liste des produits et prestations remboursables, avec une base de remboursement souvent très inférieure au prix pratiqué. Le reste à charge patient est donc élevé, ce qui expose à des impayés et à des délais de règlement des complémentaires. Le suivi des règlements, poste par poste, est ici une fonction de trésorerie, pas une tâche administrative.
Collaboration, remplacement et partage de cabinet
Le praticien titulaire qui se fait remplacer enregistre l’intégralité des honoraires encaissés en recettes et la rétrocession en charge. Le collaborateur libéral, lui, développe sa propre patientèle et verse une redevance : la logique comptable est inverse, et le contrat doit dire lequel des deux régimes s’applique. Une confusion entre les deux crée un risque de requalification en contrat de travail.
Notre accompagnement à chaque étape de votre exercice

Installation : créer, reprendre ou s’associer
Auditer un cabinet avant reprise
Nous retraitons les trois derniers exercices, isolons la part orthèses de la part soins, mesurons l’âge de l’équipement d’atelier et vérifions la structure de la patientèle. Deux cabinets au même chiffre d’affaires n’ont pas la même rentabilité selon leur mix.
Régime d’imposition et structure
Micro-BNC ou déclaration contrôlée, exercice individuel ou société : l’arbitrage tient au niveau de charges et à l’existence d’un atelier, qui pèse lourd. Nous constituons la structure retenue.
Financer l’atelier
Nous comparons achat et crédit-bail sur le coût complet, TVA non déductible comprise, et modélisons le point à partir duquel l’internalisation devient rentable.
Quotidien : soins, orthèses et encaissements
Ventilation des recettes dès la saisie
Soins, orthèses et ventes de produits sont distingués à l’origine : c’est la condition d’un suivi de franchise et d’une répartition BNC/BIC fiables.
Suivi du stock de l’atelier
Nous mettons en place un inventaire simple des matières et un suivi des consommations par paire produite.
Recouvrement et reste à charge
Nous suivons les règlements complémentaires et les restes à charge patients, avec relance structurée et dépréciation des créances devenues douteuses.
Paie et cotisations
Notre mission de paie traite le secrétariat et les assistants, et nous provisionnons la régularisation des cotisations de la caisse des auxiliaires médicaux.
Optimisation : mix, atelier, capacité
Fabriquer ou sous-traiter
Nous comparons le coût de revient interne d’une paire au tarif d’un laboratoire externe, en intégrant le temps praticien consommé : souvent le facteur décisif, car ce temps est aussi du temps de consultation non réalisé.
Reconstruire la grille tarifaire
Nous partons de la marge réelle par type d’orthèse et par acte de soin pour identifier ce qui est structurellement déficitaire, la correction portant plus souvent sur le temps consacré que sur le prix.
Détenir les murs
Acheter le local plutôt que le louer suppose d’abord de choisir qui le détient : vous en direct, la structure d’exercice, ou une société civile qui vous le loue. Le choix engage deux moments, la détention et la revente, et l’option pour l’impôt sur les sociétés ne produit pas le même effet sur l’un et sur l’autre. Notre page sur la SCI à l’IS traite l’amortissement du bien, cette option et le calcul de la plus-value professionnelle.
Transmission ou cessation
Céder le cabinet
Nous préparons la valorisation en distinguant patientèle et outil de production, traitons les emprunts et crédits-bails et vérifions les conditions des exonérations de plus-value.
Les outils connectés à votre cabinet
Logiciel métier, banque et comptabilité
Nous connectons votre logiciel de cabinet, vos encaissements et vos comptes bancaires à la comptabilité, avec ventilation des recettes par nature.
Facturation électronique
La réception des factures électroniques est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 ; l’émission concernera les PME et microentreprises au 1er septembre 2027. Être exonéré de TVA et se trouver hors du dispositif ne sont pas la même chose : notre page sur la facturation électronique sans TVA expose cette distinction et ce que la part négoce d’un cabinet y ajoute.
Soin et appareillage : une difficulté partagée avec l’audioprothèse
Une seule activité voisine rencontre la même contrainte : délivrer un dispositif dans le prolongement d’un acte de soin, avec le stock, la base de remboursement et le suivi du patient que cela suppose. Chez l’audioprothésiste, l’appareil s’accompagne de prestations de suivi qui se prolongent sur plusieurs années, ce qui déplace la question du rattachement du produit. Notre page audioprothésiste traite ce point, la gestion du stock et les paniers du 100 % santé.
FAQ : les questions fréquentes des pédicures-podologues
Quel est le tarif d’un expert-comptable pour un pédicure-podologue ?
Il dépend du régime d’imposition, de la présence d’un atelier de fabrication et de l’existence d’une activité de vente. Un cabinet de soins seul se situe en dessous d’un cabinet avec laboratoire intégré et négoce. Nous chiffrons après avoir vu un exercice.
Les orthèses plantaires sont-elles soumises à la TVA ?
Non lorsqu’elles sont réalisées et délivrées dans le cadre du traitement : elles sont indissociables de l’acte de soin exonéré. La vente de semelles de série ou de produits de confort, elle, constitue une activité commerciale taxable au-delà de la franchise.
La vente de produits relève-t-elle des BNC ou des BIC ?
D’une activité commerciale relevant en principe des bénéfices industriels et commerciaux. Une tolérance existe pour les recettes accessoires étroitement liées à l’exercice, mais elle a des limites qu’il faut vérifier chaque année.
Faut-il valoriser le stock de l’atelier ?
Oui : résines, mousses, coques et éléments de finition constituent un stock à inventorier et à valoriser à la clôture. C’est l’oubli que nous relevons le plus souvent dans les cabinets qui fabriquent.
Comment calculer le coût d’une paire d’orthèses fabriquée au cabinet ?
En additionnant la matière consommée, le temps de fabrication valorisé au coût horaire réel du praticien ou du technicien, et la quote-part d’amortissement de l’équipement. C’est ce chiffre, et non le prix des matières, qu’il faut comparer au tarif d’un laboratoire externe.
Peut-on récupérer la TVA sur une fraiseuse ou un podoscope ?
Non si l’activité est exclusivement exonérée. Le coût réel de l’équipement est son prix toutes taxes comprises, ce qui change la comparaison entre achat et crédit-bail.
Quelle différence entre remplaçant et collaborateur ?
Le remplaçant exerce à la place du titulaire absent et perçoit une rétrocession d’honoraires. Le collaborateur exerce en parallèle, développe sa patientèle et verse une redevance. Le contrat doit correspondre à la réalité, sous peine de requalification.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée ?
La déclaration contrôlée s’impose rapidement dès qu’il existe un atelier : amortissements, matières et loyer dépassent l’abattement forfaitaire du régime micro.
Comment gérer les restes à charge patients importants ?
Par un devis remis avant la fabrication, un encaissement d’acompte et un suivi individualisé des règlements complémentaires. Les créances devenues douteuses se déprécient dès que le défaut est caractérisé.
Quels indicateurs suivre dans un cabinet de podologie ?
Le nombre d’actes par jour de consultation, la marge par paire d’orthèses, la part du chiffre d’affaires réalisée en orthèses, le délai de règlement des complémentaires et le taux d’utilisation de l’atelier.
Sources officielles
- CGI, article 261, 4, 1° : exonération de TVA des soins dispensés par les auxiliaires médicaux.
- CGI, article 293 B : franchise en base de TVA.
- CGI, articles 34 et 155 : qualification des activités commerciales et règles d’attraction des recettes accessoires.
- Code de la santé publique, articles L. 4322-1 et suivants : exercice de la profession de pédicure-podologue.
- Code de la sécurité sociale, article L. 165-1 : liste des produits et prestations remboursables.
- Plan comptable général, articles 211-1 et 214-1 : définition des actifs et amortissement sur la durée d’utilisation.
- Article 91 de la loi de finances pour 2024 : calendrier de la facturation électronique.
Mise à jour le 6 septembre 2026.
Parler de votre cabinet avec Myne
Un exercice, le détail de vos recettes par nature et l’inventaire de votre atelier suffisent à dire ce que vous coûte réellement une paire d’orthèses, si votre part commerciale vous expose à la TVA et où se situe votre marge. Écrivez-nous.



