Myne est un cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes installé à Paris 17e. Nous suivons des orthodontistes en exercice individuel ou en société d’exercice libéral. Votre spécialité pose un problème que ne connaît aucune autre discipline dentaire : vous encaissez au début un traitement que vous exécuterez pendant deux ans. Tant que ce décalage n’est pas traité, votre résultat comptable ne mesure ni votre activité, ni votre rentabilité.
Les défis comptables, fiscaux et sociaux propres à l’orthodontie
Un traitement de deux ans, encaissé d’avance
Un traitement multi-attaches se déroule sur plusieurs semestres, mais le plan de financement est signé dès le départ et souvent réglé par échéances mensuelles couvrant l’ensemble. Trois questions en découlent, et elles se répondent différemment.
- Le revenu se rattache à l’exercice au cours duquel les soins sont exécutés. La fraction encaissée correspondant à des semestres non encore réalisés constitue un produit constaté d’avance à la clôture.
- Les honoraires restant à percevoir sur un traitement en cours ne sont pas encore acquis : ils ne se comptabilisent pas en créance tant que la prestation correspondante n’est pas exécutée.
- La trésorerie, elle, est bien là. C’est le piège : un cabinet en croissance encaisse plus qu’il ne réalise et se croit plus rentable qu’il ne l’est. Le retournement se produit dès que le flux de nouveaux cas ralentit.
Nous mettons en place le suivi des traitements en cours qui permet ce retraitement, semestre par semestre. C’est le premier chantier de tout dossier d’orthodontie repris.
Prise en charge, entente directe et âge du patient
Le traitement orthodontique est pris en charge par l’assurance maladie lorsqu’il est commencé avant le seizième anniversaire, sous réserve d’un accord préalable, et se facture par semestres de traitement. Les honoraires excédant la base de remboursement relèvent de l’entente directe, formalisée dans un devis. Au-delà de cet âge, le traitement reste possible mais sort du champ de la prise en charge.
Cette segmentation a une traduction comptable directe : le mix entre traitements pris en charge et traitements adultes détermine votre exposition aux impayés et votre besoin en fonds de roulement, deux choses qu’un chiffre d’affaires global ne montre pas.
Aligneurs et actes esthétiques : la frontière de la TVA
Les actes de soins sont exonérés de TVA. Un traitement orthodontique poursuivant une finalité thérapeutique (fonction masticatoire, correction d’une malocclusion) reste dans cette exonération, y compris chez l’adulte et y compris par aligneurs. En revanche, une prestation dont la finalité est exclusivement esthétique sort de l’exonération et devient taxable au-delà de la franchise en base, avec l’obligation de sectoriser.
La question n’est pas académique dans un cabinet qui développe une offre adulte : elle se tranche dossier par dossier, sur la base de l’indication posée, et se documente.
Les impayés, risque structurel de la spécialité
Un échéancier de vingt-quatre mois expose à des défauts de paiement en cours de traitement, alors même que les soins continuent. Le suivi des créances douteuses et leur dépréciation ne sont pas une formalité de clôture : ils conditionnent la lecture de votre résultat. Nous les suivons en cours d’année, avec une relance structurée plutôt qu’un constat annuel.
Depuis 2024, la rémunération en SEL est un BNC
Les rémunérations perçues par l’associé d’une société d’exercice libéral au titre de son activité libérale relèvent des bénéfices non commerciaux. L’abattement de 10 % ne s’applique plus, les frais professionnels se déduisent au réel et l’associé doit tenir une comptabilité propre. Les SELARL d’orthodontie constituées avant 2024 doivent être reprises sur ce point.
Notre accompagnement à chaque étape de votre exercice

Installation : créer, reprendre ou s’associer
Reprendre un cabinet avec des traitements en cours
C’est la particularité de la spécialité : vous reprenez une obligation de soins déjà payée. Nous chiffrons l’en-cours de traitements (nombre de cas, semestres restant à réaliser, sommes déjà encaissées) et en tirons la dette reprise, qui doit venir en déduction du prix. Un cabinet cédé sans ce calcul se paie deux fois.
Structure et financement
Nous arbitrons entre exercice individuel et société d’exercice libéral au regard du nouveau régime BNC, puis constituons la structure.
Quotidien : traitements, encaissements et paie
Suivi des traitements en cours
Nous tenons l’état des cas actifs, des semestres réalisés et des sommes encaissées, base de tous les retraitements de clôture et du pilotage réel du cabinet.
Recouvrement et créances douteuses
Échéanciers, relances et dépréciations sont suivis en continu, avec un indicateur de taux de défaut par cohorte de traitements.
Paie et convention applicable
Notre mission de paie traite assistantes et secrétariat dans le cadre de la convention des cabinets dentaires.
Achats et sous-traitance de laboratoire
Aligneurs, gouttières et appareillages commandés au fabricant se rapprochent des cas traités : c’est ce qui donne le coût matière réel d’un traitement par aligneurs, souvent très différent de celui d’un multi-attaches.
Optimisation : mix de traitements et capacité
Comparer la rentabilité d’un cas selon la technique
Nous calculons la marge par cas en intégrant le coût de laboratoire, le nombre de rendez-vous de contrôle et le temps de fauteuil consommé. Un traitement par aligneurs à honoraires supérieurs peut se révéler moins rentable qu’un multi-attaches selon le nombre de gouttières et de reprises.
Ajuster la capacité
Un cabinet d’orthodontie se sature par le nombre de rendez-vous de contrôle, pas par le nombre de nouveaux cas. Nous modélisons cette contrainte avant tout recrutement ou ouverture de plage.
Transmission ou cessation
Céder un cabinet d’orthodontie
La valorisation doit isoler l’en-cours de traitements payés et non réalisés, traiter le sort des échéanciers en cours et anticiper les exonérations de plus-value applicables au départ à la retraite.
Les outils connectés à votre cabinet
Logiciel de gestion, banque et comptabilité
Nous connectons votre logiciel de cabinet et vos comptes bancaires, avec un rapprochement des prélèvements d’échéanciers et des règlements de complémentaires.
Facturation électronique
Un cabinet exonéré de TVA reste tenu de recevoir les factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 ; l’émission concernera les PME et microentreprises au 1er septembre 2027. Notre page sur la facturation électronique sans TVA précise ce qui reste dû quel que soit le régime, et ce qui change le jour où une part de l’activité devient taxable.
Si votre exercice n’est pas celui d’un cabinet d’orthodontie
Deux situations sortent du cadre décrit ici. Un cabinet d’omnipratique n’encaisse pas d’avance un traitement qu’il exécutera pendant deux ans : sa difficulté tient à la marge sur les actes prothétiques, au coût des travaux de laboratoire et aux paniers du 100 % santé. C’est le sujet de notre page chirurgien-dentiste.
Si vous exercez au sein d’un centre ou d’une maison de santé plutôt que pour votre propre compte, le cadre change entièrement : c’est celui de l’exercice coordonné, traité sur notre page centre de santé et maison de santé, qui expose aussi la société interprofessionnelle de soins ambulatoires.
FAQ : les questions fréquentes des orthodontistes
Quel est le tarif d’un expert-comptable pour un orthodontiste ?
Il dépend du mode d’exercice, de l’effectif et du niveau de suivi des traitements en cours. Le retraitement des produits constatés d’avance suppose un travail que n’exige pas un cabinet d’omnipratique, et il se chiffre. Nous établissons le devis après avoir vu une déclaration de résultats et l’état des cas actifs.
Comment comptabiliser un traitement encaissé d’avance ?
Le produit se rattache aux exercices d’exécution des soins. La fraction encaissée correspondant à des semestres non réalisés se constate en produit constaté d’avance à la clôture.
Pourquoi mon résultat ne reflète-t-il pas ma trésorerie ?
Parce qu’en orthodontie l’encaissement précède l’exécution. Un cabinet en croissance encaisse plus qu’il ne réalise et paraît plus rentable qu’il ne l’est ; l’effet s’inverse dès que le flux de nouveaux cas ralentit.
Jusqu’à quel âge un traitement est-il pris en charge ?
La prise en charge suppose un traitement commencé avant le seizième anniversaire, avec accord préalable, et se facture par semestres. Au-delà, le traitement reste possible mais sort du champ du remboursement.
Les traitements par aligneurs sont-ils soumis à la TVA ?
Non lorsqu’ils poursuivent une finalité thérapeutique, y compris chez l’adulte. Une prestation exclusivement esthétique sort de l’exonération et devient taxable au-delà de la franchise en base. L’indication posée est l’élément déterminant, et elle se documente.
Comment traiter les impayés sur un échéancier en cours ?
Par un suivi en continu et une dépréciation des créances devenues douteuses, dès qu’un défaut est caractérisé. Attendre la clôture fausse le résultat et retarde le recouvrement.
Comment est imposée la rémunération d’un associé de SELARL depuis 2024 ?
En bénéfices non commerciaux pour la part correspondant à l’activité libérale, avec déduction des frais réels au lieu de l’abattement de 10 %.
Comment comparer la rentabilité d’un aligneur et d’un multi-attaches ?
En rapportant les honoraires au coût complet du cas : coût de laboratoire, nombre de gouttières et de reprises, nombre de rendez-vous de contrôle et temps de fauteuil. L’écart entre les deux techniques n’est presque jamais celui que suggère la différence d’honoraires.
Quels indicateurs suivre dans un cabinet d’orthodontie ?
Le nombre de cas actifs, le nombre de nouveaux cas par mois, le taux de défaut d’échéancier, la marge par cas selon la technique et l’en-cours de traitements payés non réalisés.
Comment valoriser un cabinet d’orthodontie à la vente ?
Sur la rentabilité retraitée, en déduisant l’en-cours de traitements déjà encaissés que le repreneur devra exécuter. C’est le point de négociation principal de la spécialité.
Sources officielles
- CGI, article 261, 4, 1° : exonération de TVA des soins dispensés aux personnes.
- CGI, article 92 : bénéfices non commerciaux.
- Doctrine BOI-BNC-DECLA : imposition en BNC des rémunérations d’associés de sociétés d’exercice libéral à compter de 2024.
- Code de la sécurité sociale, articles L. 162-1-7 et R. 162-52 : nomenclature des actes et conditions de prise en charge du traitement d’orthopédie dento-faciale.
- Plan comptable général, article 513-4 : rattachement des produits à l’exercice et produits constatés d’avance.
- Convention collective nationale des cabinets dentaires (IDCC 1619).
- Article 91 de la loi de finances pour 2024 : calendrier de la facturation électronique.
Mise à jour le 6 septembre 2026.
Parler de votre cabinet avec Myne
Une déclaration de résultats et l’état de vos cas actifs suffisent à dire ce que vaut réellement votre résultat une fois les traitements en cours retraités, et où se situe votre marge par technique. Écrivez-nous.



