Myne est un cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes installé à Paris 17e. Nous suivons des experts inscrits sur les listes de cour d’appel, quelle que soit leur spécialité. Votre activité obéit à une mécanique que ne connaît aucun autre professionnel libéral : vous ne fixez pas vos honoraires, vous ne les facturez pas au client, et vous les percevez souvent des années après avoir commencé la mission. Une comptabilité qui suit les encaissements ne dit donc rien de votre activité.
Les défis comptables, fiscaux et sociaux propres à l’expert judiciaire
Consignation, ordonnance de taxe et rattachement du produit
Le circuit est toujours le même. Le juge ordonne l’expertise et fixe une consignation, versée par une partie à la régie de la juridiction. Vous exécutez la mission, déposez votre rapport, puis demandez la fixation de votre rémunération. Le juge la fixe par ordonnance de taxe, et le paiement intervient ensuite.
Trois conséquences pratiques :
- La consignation n’est pas votre recette. Elle est détenue par la juridiction et ne devient la vôtre qu’à hauteur de la taxation, le solde étant restitué à la partie.
- Le produit se rattache à l’exercice au cours duquel les diligences sont accomplies, pas à celui de l’encaissement. Une mission commencée en septembre et taxée deux ans plus tard doit donner lieu à un produit à recevoir dès la première clôture, évalué à hauteur du travail réalisé.
- Le montant taxé peut être inférieur à votre demande. La créance se déprécie donc lorsque la taxation attendue devient incertaine.
Un expert qui enregistre ses honoraires à l’encaissement obtient un résultat sans rapport avec son activité, avec des exercices vides et des exercices pléthoriques.
Les frais avancés et les sapiteurs
Vous engagez des frais dans la mission : déplacements, analyses, prélèvements, et parfois l’intervention d’un sapiteur dont l’avis technique complète le vôtre. Ces sommes se traitent différemment selon qu’elles sont engagées en votre nom, auquel cas ce sont des charges dont le remboursement est un produit, ou avancées pour le compte de la procédure avec justificatif approprié. La demande de taxation doit refléter cette distinction, faute de quoi une partie de vos frais reste à votre charge.
Une activité souvent secondaire, jamais accessoire fiscalement
Beaucoup d’experts exercent par ailleurs une activité principale, libérale ou salariée. La mission d’expertise n’en devient pas pour autant un revenu accessoire négligeable : elle relève des bénéfices non commerciaux, s’ajoute à vos autres revenus professionnels, entre dans l’assiette de vos cotisations et est soumise à la TVA au-delà de la franchise en base, l’expertise n’étant pas un acte exonéré.
Le cumul soulève trois questions que nous traitons ensemble : l’affiliation sociale, la répartition défendable des charges communes entre les deux activités, et le suivi du seuil de franchise qui, avec quelques missions annuelles, se franchit plus vite qu’on ne le croit.
Assurance, indépendance et obligations de la liste
L’inscription sur une liste emporte des obligations : formation, déclaration annuelle d’activité, assurance de responsabilité civile professionnelle adaptée aux missions réellement acceptées. Ces charges sont déductibles et doivent être suivies, mais elles conditionnent surtout le maintien de l’inscription, donc la continuité de votre activité.
Notre accompagnement à chaque étape de votre activité

Démarrage : première inscription et organisation
Choisir le régime d’imposition
Régime micro ou déclaration contrôlée : l’arbitrage dépend du volume de missions et du niveau de frais engagés, souvent élevé dans les spécialités techniques.
Organiser le suivi par mission
Nous mettons en place un suivi par dossier : date d’ordonnance, consignation, diligences accomplies, frais engagés, demande de taxation, ordonnance et encaissement. C’est ce tableau qui alimente ensuite tous les retraitements.
Articuler avec l’activité principale
Nous cadrons l’affiliation, la répartition des charges communes et le suivi du seuil de TVA. L’expertise judiciaire s’exerce presque toujours à côté d’un métier principal : notre page profession libérale traite ce socle commun, régime BNC, caisse d’affiliation et choix du régime déclaratif, auquel cette seconde activité vient s’ajouter.
Quotidien : missions, frais et déclarations
Rattachement des produits et produits à recevoir
Nous évaluons, à chaque clôture, le produit correspondant aux diligences accomplies sur les missions non encore taxées.
Suivi des frais et des sapiteurs
Nous distinguons les frais engagés en votre nom de ceux avancés pour la procédure, et vérifions leur reprise dans la demande de taxation.
TVA et seuil de franchise
Nous suivons le cumul de vos honoraires d’expertise au regard de la franchise en base et préparez le passage à la TVA lorsqu’il approche.
Cotisations sociales
Nous provisionnons la régularisation, particulièrement sensible lorsque les taxations d’une année se concentrent sur un seul exercice.
Optimisation : sélection des missions et rentabilité
Mesurer la rentabilité horaire d’une mission
Nous rapportons la rémunération taxée au temps réellement passé, par type de mission. C’est ce chiffre qui permet de refuser en connaissance de cause les missions dont l’ampleur excède la consignation prévisible.
Demander une consignation complémentaire au bon moment
Une mission dont le périmètre s’élargit justifie une demande de consignation complémentaire. Le suivi des temps en cours de mission, et non a posteriori, est ce qui rend cette demande recevable.
Anticiper les creux de trésorerie
Le décalage entre diligences et taxation crée des creux prévisibles. Nous les modélisons dans un plan de trésorerie.
Cessation et retrait de la liste
Traiter les missions en cours
Nous traitons le sort des missions non taxées, des frais engagés non remboursés et des obligations déclaratives de fin d’activité.
Les outils connectés à votre activité
Suivi de missions, banque et comptabilité
Nous connectons votre suivi de dossiers et vos comptes bancaires à la comptabilité, avec un rapprochement entre ordonnances de taxe et encaissements.
Facturation électronique
Réception obligatoire depuis le 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027 pour les PME et microentreprises. Si vous relevez encore de la franchise en base, notre page facturation électronique sans TVA montre pourquoi être assujetti sans être redevable ne dispense pas des obligations du dispositif, et où passe la limite.
Si l’expertise n’est qu’une partie de votre activité
L’expertise judiciaire se greffe presque toujours sur un métier qui a sa propre comptabilité, et c’est souvent celui-ci qui pose les questions les plus lourdes. Un bureau d’études suit ses missions à l’avancement et porte une garantie décennale : c’est ce que traite notre page ingénieur. Une agence d’architecture a ses propres règles de rattachement des honoraires et de TVA, développées sur notre page architecte.
Lorsque l’expertise porte elle-même sur les comptes, évaluation ou analyse d’écritures, la difficulté se déplace : elle devient celle de l’indépendance à l’égard des parties et du suivi de missions qui s’étirent sur plusieurs exercices. Notre page expertise judiciaire financière traite ces deux points.
FAQ : les questions fréquentes des experts judiciaires
Quel est le tarif d’un expert-comptable pour un expert judiciaire ?
Il dépend du nombre de missions par an, du régime d’imposition et de l’existence d’une activité principale à articuler. Une activité d’expertise occasionnelle se situe très en dessous d’une pratique à temps plein. Nous chiffrons après avoir vu un exercice et votre suivi de missions.
La consignation est-elle une recette ?
Non. Elle est versée à la régie de la juridiction et ne devient votre recette qu’à hauteur du montant fixé par l’ordonnance de taxe, le solde étant restitué à la partie qui l’a consignée.
Quand comptabiliser les honoraires d’une mission longue ?
À mesure de l’accomplissement des diligences, par produit à recevoir évalué à la clôture, et non à la date de l’encaissement. C’est ce qui permet d’obtenir des exercices comparables.
Que faire si la taxation est inférieure à la demande ?
Ajuster le produit à recevoir et, le cas échéant, déprécier la créance dès que l’écart devient probable. Une voie de recours existe contre l’ordonnance de taxe, dans des délais courts.
L’expertise judiciaire est-elle soumise à la TVA ?
Oui, au-delà de la franchise en base : ce n’est pas un acte exonéré. Le cumul des honoraires d’expertise peut faire franchir le seuil plus vite qu’on ne l’imagine, même avec quelques missions annuelles.
Comment traiter les frais de sapiteur ?
Selon qu’ils sont engagés en votre nom, auquel cas ils constituent une charge dont le remboursement est un produit, ou avancés pour la procédure avec justificatif approprié. La demande de taxation doit refléter le traitement retenu.
Peut-on cumuler expertise et activité principale ?
Oui. Les honoraires d’expertise relèvent des bénéfices non commerciaux et s’ajoutent à vos autres revenus professionnels, avec une répartition des charges communes qui doit pouvoir être justifiée.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée ?
La déclaration contrôlée s’impose dès que les frais engagés dans les missions sont significatifs, ce qui est fréquemment le cas dans les spécialités techniques.
Comment gérer le décalage de trésorerie ?
En modélisant, mission par mission, l’écart entre les diligences accomplies et la date probable de taxation, puis en demandant une consignation complémentaire lorsque le périmètre s’élargit.
Quels indicateurs suivre ?
La rémunération taxée rapportée au temps passé par type de mission, le délai moyen entre dépôt du rapport et encaissement, l’encours de missions non taxées et l’écart entre demandes et taxations.
Sources officielles
- Code de procédure civile, articles 263 et suivants : expertise ordonnée par le juge, consignation et déroulement des opérations.
- Code de procédure civile, article 278 : recours à un sapiteur.
- Code de procédure civile, articles 284 et suivants : fixation de la rémunération de l’expert et ordonnance de taxe.
- Loi n° 71-498 du 29 juin 1971 et décret n° 2004-1463 : listes d’experts judiciaires, inscription et obligations.
- CGI, article 92 : bénéfices non commerciaux.
- CGI, article 293 B : franchise en base de TVA.
- Article 91 de la loi de finances pour 2024 : calendrier de la facturation électronique.
Mise à jour le 6 septembre 2026.
Parler de votre activité avec Myne
Un exercice et la liste de vos missions en cours suffisent à dire ce que vaut réellement votre résultat une fois les diligences rattachées, où vous en êtes du seuil de TVA et quelles missions vous coûtent plus qu’elles ne rapportent. Écrivez-nous.



