Myne est un cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes installé à Paris 17e. Nous suivons des associations gestionnaires et des organismes du secteur sanitaire, social et médico-social : établissements pour personnes handicapées, protection de l’enfance, insertion, services à domicile. Votre comptabilité n’est pas celle d’une entreprise : vos ressources sont allouées, votre budget est négocié, et votre résultat ne vous appartient pas entièrement.
Les défis comptables, fiscaux et sociaux propres au secteur
Un budget négocié, un résultat repris
Les établissements et services sociaux et médico-sociaux sous contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens présentent un état des prévisions de recettes et de dépenses, puis rendent compte par un état réalisé. C’est une logique inverse de celle du droit commun : on ne constate pas un résultat, on justifie l’écart à une prévision approuvée.
Surtout, le résultat des activités financées n’est pas librement affectable. Selon les cas, il est repris par l’autorité de tarification, affecté à une réserve de compensation ou à un compte d’investissement, sur décision d’affectation. Un excédent mal justifié se traduit par une reprise sur les dotations futures ; un déficit non expliqué n’est pas nécessairement couvert. Nous préparons les propositions d’affectation avec leur justification, plutôt que de les subir.
La comptabilité par établissement, pas par entité
Une association gestionnaire multi-établissements doit produire des comptes par activité financée, avec une affectation des charges communes à travers des clés documentées et stables. Les autorités de tarification examinent ces clés de près : une clé modifiée sans justification fragilise l’ensemble du budget présenté.
Nous construisons le tableau de répartition des charges de siège et des fonctions support, et le maintenons d’un exercice à l’autre. Une autorisation de frais de siège, lorsqu’elle existe, encadre précisément ce qui peut être refacturé aux établissements.
Non-lucrativité : ce qui la fait perdre
Un organisme sans but lucratif échappe aux impôts commerciaux lorsque sa gestion est désintéressée et qu’il ne concurrence pas le secteur commercial dans des conditions similaires, appréciation conduite selon la méthode dite des quatre P : produit, public, prix, publicité.
Le risque n’est presque jamais l’activité principale : il vient des activités accessoires, locations, prestations facturées à des tiers, ventes d’ateliers, formation. Deux outils permettent de les traiter sans contaminer l’ensemble : la franchise des activités lucratives accessoires et la sectorisation, qui isole le secteur lucratif dans une comptabilité distincte. Le choix se fait avant de développer l’activité, pas au premier contrôle.
Taxe sur les salaires et abattement
Un organisme non soumis à la TVA sur au moins 90 % de son chiffre d’affaires est redevable de la taxe sur les salaires. Dans un secteur où la masse salariale représente l’essentiel des charges, c’est une ligne majeure. Les associations bénéficient d’un abattement spécifique, et l’existence d’un secteur taxable modifie le rapport d’assujettissement. Le calcul se refait chaque année : reprendre le taux de l’exercice précédent est une erreur courante.
Conventions collectives et effet report
Les organismes du secteur relèvent de conventions collectives propres, dont les revalorisations salariales ne sont pas toujours immédiatement compensées par les financeurs. L’écart entre le coût réel d’un accord et sa prise en compte dans la dotation constitue un déficit structurel qu’il faut chiffrer et documenter au moment du dialogue de gestion, pas après.
Notre accompagnement à chaque étape

Création et structuration
Statuts, agréments et autorisations
Nous accompagnons la constitution et la modification des statuts, en veillant à ce que la rédaction ne compromette pas la gestion désintéressée.
Organisation comptable et plan de comptes
Nous mettons en place le plan de comptes adapté au secteur, l’analytique par établissement et les clés de répartition des charges communes.
Quotidien : budget, comptabilité et paie
Suivi budgétaire et dialogue de gestion
Nous produisons les états prévisionnels et réalisés, et préparons les explications d’écart attendues par l’autorité de tarification.
Suivi des financements affectés
Subventions, crédits non reconductibles et financements pluriannuels sont rattachés à leur objet, avec les fonds dédiés lorsque la ressource n’a pas été consommée. C’est une exigence propre au secteur, et un point d’audit systématique.
Paie et conventions du secteur
Notre mission de paie traite les personnels éducatifs, soignants et administratifs, les remplacements et les astreintes, dans le cadre de la convention applicable.
Taxe sur les salaires
Nous calculons le rapport d’assujettissement de l’année, appliquons l’abattement et provisionnons mensuellement.
Optimisation et développement
Sécuriser une activité accessoire
Avant de facturer une prestation à un tiers, nous examinons son incidence sur la non-lucrativité et arbitrons entre franchise, sectorisation ou filialisation.
Investir et financer
Plan pluriannuel d’investissement, emprunts, subventions d’équipement et amortissements sont modélisés ensemble, la reprise de subvention devant suivre le rythme d’amortissement du bien financé.
Regrouper ou reprendre un établissement
Nous conduisons l’analyse financière, le chiffrage des engagements sociaux repris et le traitement comptable de l’opération, jusqu’à la transmission universelle de patrimoine lorsqu’elle est l’outil adapté.
Les outils connectés à votre organisme
Comptabilité, paie et suivi analytique
Nous connectons vos comptes bancaires et vos outils métier à la comptabilité, avec une analytique par établissement dès la saisie.
Facturation électronique
La réception des factures électroniques est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 ; l’émission concernera les PME et microentreprises au 1er septembre 2027. Le cas des organismes non assujettis est traité sur notre page facturation électronique sans TVA.
Si votre structure ne relève pas du même mode de financement
Trois voisinages déplacent le raisonnement décrit plus haut, parce que la recette n’y est pas construite de la même manière. Un établissement pour personnes âgées reste un établissement médico-social, mais sa tarification est ternaire et son équilibre se joue d’abord sur le taux d’occupation, deux sujets que traite notre page EHPAD et maison de retraite.
Un établissement de santé privé ne vit pas d’une dotation négociée mais d’une tarification à l’activité : le contrôle porte alors sur le codage des séjours et sur les redevances versées par les praticiens libéraux, ce qui n’a plus grand-chose à voir avec un état des prévisions de recettes et de dépenses. C’est le sujet de notre page clinique privée.
Enfin, un centre ou une maison de santé ne gère pas un établissement autorisé : il organise l’exercice coordonné de professionnels, et la question centrale devient la structure juridique qui porte l’équipe, la société interprofessionnelle de soins ambulatoires, plutôt que l’affectation d’un résultat financé. Notre page centre de santé et maison de santé détaille ce cadre.
Si votre structure doit faire certifier ses comptes
Une association gestionnaire qui reçoit des subventions publiques au-delà du montant fixé par la réglementation doit faire certifier ses comptes par un commissaire aux comptes. Entre les financements de l’agence régionale de santé, ceux du département et les crédits attachés au contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens, ce montant est atteint dans de nombreuses structures.
Un point mérite d’être dit clairement : ce ne peut pas être le cabinet qui tient votre comptabilité. L’expertise comptable et le commissariat aux comptes ne se cumulent pas sur une même structure, l’indépendance du commissaire l’interdisant : Myne exerce les deux métiers, mais jamais pour la même entité.
Concrètement : si nous tenons vos comptes, nous vous aidons à préparer la désignation et l’intervention d’un confrère, et nous produisons les états et justificatifs qu’il demandera ; si vous nous confiez la mission légale, votre comptabilité reste tenue par ailleurs. Notre page sur la mission du commissaire aux comptes précise quand la désignation devient obligatoire et comment elle se déroule.
Le rapprochement de deux associations gestionnaires ou l’apport partiel d’une activité à une autre structure relèvent de missions différentes, confiées à un commissaire à la fusion ou à un commissaire aux apports, désignés pour l’opération.
FAQ : les questions fréquentes des gestionnaires
Quel est le tarif d’un expert-comptable pour un organisme du secteur social ?
Il dépend du nombre d’établissements, du volume de financements à tracer et du périmètre de la mission : tenue, révision, production des états budgétaires, paie. Nous chiffrons après avoir vu les comptes et la liste des établissements financés.
Que deviennent les excédents d’un établissement financé ?
Ils ne sont pas librement affectables : selon les cas, ils sont repris par l’autorité de tarification ou affectés à une réserve ou à l’investissement, sur décision d’affectation. Une justification solide conditionne l’issue.
Quelle différence entre EPRD et budget prévisionnel classique ?
L’état des prévisions de recettes et de dépenses part des recettes attendues pour en déduire les dépenses possibles, et s’inscrit dans une logique pluriannuelle contractualisée, avec reddition par un état réalisé.
Comment répartir les charges de siège entre établissements ?
Par des clés documentées, stables d’un exercice à l’autre, et dans la limite de l’autorisation de frais de siège lorsqu’elle existe.
Une association peut-elle facturer des prestations sans perdre sa non-lucrativité ?
Oui, dans certaines limites. La franchise des activités lucratives accessoires permet un volume réduit ; au-delà, la sectorisation isole l’activité lucrative dans une comptabilité distincte. Le choix se fait avant le développement de l’activité.
Qu’est-ce que la règle des quatre P ?
La méthode d’appréciation du caractère concurrentiel d’une activité : produit proposé, public visé, prix pratiqué, publicité réalisée. Elle est examinée après avoir vérifié le caractère désintéressé de la gestion.
Un organisme du secteur doit-il la taxe sur les salaires ?
Oui dès lors que moins de 90 % de son chiffre d’affaires est soumis à la TVA. Les associations bénéficient d’un abattement, et le rapport d’assujettissement se recalcule chaque année.
Comment traiter une subvention non consommée à la clôture ?
En fonds dédiés lorsqu’elle est affectée à un projet non achevé, de manière à rattacher la ressource à l’exercice de sa consommation et non à celui de son encaissement.
Un commissaire aux comptes est-il obligatoire ?
La désignation s’impose notamment au franchissement de seuils ou lorsque le montant annuel des subventions publiques reçues dépasse le seuil réglementaire. Elle peut aussi résulter d’une convention de financement.
Quels indicateurs suivre dans un organisme gestionnaire ?
Le taux d’occupation ou d’activité par établissement, le coût à la place ou à la journée, le taux d’encadrement, le poids des remplacements, l’écart au budget approuvé et le niveau des fonds propres.
Sources officielles
- Code de l’action sociale et des familles, article L. 313-11 : contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens.
- Code de l’action sociale et des familles, articles R. 314-1 et suivants : règles budgétaires, tarifaires et comptables des établissements et services sociaux et médico-sociaux.
- Code de l’action sociale et des familles, article R. 314-51 : affectation des résultats et reprise par l’autorité de tarification.
- CGI, article 206, 1 bis et doctrine BOI-IS-CHAMP-10-50 : caractère non lucratif, gestion désintéressée et méthode des quatre P.
- CGI, article 231 : taxe sur les salaires, rapport d’assujettissement et abattement des associations.
- Règlement ANC n° 2018-06 : comptes annuels des personnes morales de droit privé à but non lucratif, fonds dédiés.
- Article 91 de la loi de finances pour 2024 : calendrier de la facturation électronique.
Mise à jour le 6 septembre 2026.
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