Quelle est la procédure légale pour une rupture conventionnelle ?

Sommaire
Résumer ce contenu avec:
La rupture conventionnelle est encadrée par une procédure précise, dont le non-respect peut entraîner la nullité de la convention. Chaque étape a ses délais obligatoires. Les connaître permet d’éviter les erreurs qui fragilisent la séparation et exposent l’employeur à des recours prud’homaux.

En bref

  • La procédure comprend un entretien obligatoire, la signature d’une convention sur formulaire Cerfa, un délai de rétractation de 15 jours, puis une homologation par la DREETS.
  • Le salarié peut se faire assister lors des entretiens, dans les mêmes conditions que l’employeur.
  • La rupture prend effet au lendemain de la fin du délai d’homologation, au plus tôt.
  • Une rupture conventionnelle nulle peut être requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Étape 1 : l’entretien préalable

La procédure débute par la convocation du salarié à un ou plusieurs entretiens, au cours desquels les deux parties discutent librement de la rupture envisagée et de ses conditions, notamment le montant de l’indemnité et la date envisagée de rupture.

Aucun formalisme particulier n’est imposé pour la convocation, mais il est fortement recommandé de la formaliser par écrit (lettre remise en main propre ou courrier recommandé) pour en conserver la preuve.

L’assistance lors de l’entretien

Le salarié peut se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l’entreprise. En l’absence de représentants du personnel, il peut se faire assister par un conseiller du salarié figurant sur une liste dressée par le préfet. Si le salarié se fait assister, l’employeur peut également se faire assister.

L’employeur doit informer le salarié de cette faculté avant l’entretien. L’omission de cette information peut entraîner la nullité de la convention.

Étape 2 : la signature de la convention

À l’issue des entretiens, les parties formalisent leur accord sur le formulaire Cerfa n° 14598*01. Ce formulaire doit mentionner :

  • La date de signature de la convention
  • Le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle
  • La date envisagée de rupture du contrat
  • Les conditions d’assistance lors des entretiens

Chaque partie reçoit un exemplaire original de la convention signée.

Étape 3 : le délai de rétractation de 15 jours

À compter du lendemain de la signature, chaque partie dispose d’un délai de rétractation de 15 jours calendaires pour revenir sur son accord (article L. 1237-13 du Code du travail). La rétractation s’exerce par lettre recommandée avec accusé de réception.

Si une partie se rétracte dans ce délai, la convention est anéantie et le contrat de travail continue normalement.

💡 Conseil de l’expert Myne — Le délai de 15 jours court à compter du lendemain de la signature. Si le 15e jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Calculez ce délai avec précision avant d’envoyer le formulaire à la DREETS, sous peine de voir l’homologation refusée.

Étape 4 : la demande d’homologation

À l’expiration du délai de rétractation, l’une ou l’autre des parties adresse la convention à la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) via le portail TéléRC (telerc.emploi.gouv.fr).

La DREETS dispose d’un délai de 15 jours ouvrables pour instruire la demande. Passé ce délai sans réponse, l’homologation est réputée accordée tacitement.

La DREETS peut refuser l’homologation si elle constate :

  • Une irrégularité de procédure (entretien non tenu, information sur l’assistance omise)
  • Un montant d’indemnité inférieur au plancher légal
  • Un vice du consentement (pression, harcèlement, contexte litigieux)

Étape 5 : la rupture effective du contrat

La rupture du contrat de travail prend effet à la date fixée dans la convention, qui ne peut pas être antérieure au lendemain de la fin du délai d’homologation. En pratique, la date de rupture est au moins 30 jours après la signature.

ÉtapeDélai
Convocation et entretien(s)Pas de délai légal minimum entre convocation et entretien
Signature de la conventionÀ l’issue des entretiens
Délai de rétractation15 jours calendaires à compter du lendemain de la signature
Envoi à la DREETSDès la fin du délai de rétractation
Délai d’instruction DREETS15 jours ouvrables
Date minimale de ruptureLendemain de la fin du délai d’homologation
💡 Conseil de l’expert Myne — La rupture conventionnelle est susceptible de recours prud’homal pendant 12 mois à compter de la date d’homologation. Un salarié qui estime avoir signé sous pression ou en l’absence d’une information complète sur ses droits peut saisir le conseil de prud’hommes. Documenter chaque étape de la procédure reste la meilleure protection pour l’employeur.

Besoin d’un accompagnement sur mesure ?

La sécurisation d’une rupture conventionnelle passe par le respect rigoureux de chaque étape procédurale. Les experts de Myne vous accompagnent dans la gestion sociale de votre entreprise et vous orientent vers les conseils juridiques adaptés.

Prendre contact avec Myne

joachim benchimol expert comptable Myne

Joachim Benchimol

Expert-comptable & Commissaire aux comptes

Co-fondateur de Myne. Fort d'une expérience en audit légal, Joachim excelle dans la révision comptable, le contrôle interne et le conseil aux PME.

Partagez ce post

Myne – Société inscrite à l’ordre des experts-comptables de Paris Île de France

Contactez-nous

On vous répond en moins de 24h

Devis 100% GRATUITen 24h