Comment optimiser la rémunération d’un président de SAS ?

Sommaire
La rémunération d’un président de SAS ne se résume pas à un salaire brut. Elle fait l’objet d’une optimisation globale qui intègre charges sociales, dividendes, épargne retraite et fiscalité personnelle. Une stratégie bien construite peut améliorer significativement le revenu net perçu à coût constant pour la société.

En bref

  • Le président de SAS est assimilé-salarié : ses cotisations représentent environ 75 à 80 % du salaire brut.
  • La combinaison rémunération + dividendes permet souvent d’optimiser le coût global.
  • Les dispositifs d’épargne salariale (PER entreprise, intéressement) offrent des leviers complémentaires.
  • L’optimisation doit être simulée en tenant compte de la fiscalité personnelle du dirigeant.

Le régime social du président de SAS

Le président de SAS est assimilé-salarié au regard de la Sécurité sociale. Il cotise au régime général, comme un cadre salarié, à l’exception de l’assurance chômage (non couverte par Pôle Emploi pour les mandataires sociaux, sauf dispositif spécifique).

Pour un salaire brut de 100 000 €, le coût total pour la SAS (salaire brut + cotisations patronales) est de l’ordre de 135 000 à 145 000 €, selon les tranches et les taux applicables. Le revenu net perçu après cotisations salariales et impôt sur le revenu varie selon la situation personnelle du dirigeant.

Rémunération et dividendes : trouver le bon équilibre

Les dividendes en SAS

Les dividendes distribués par une SAS à son président-actionnaire sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Ils ne sont pas soumis aux cotisations sociales, contrairement à la rémunération.

La distribution de dividendes réduit donc les charges sociales, mais elle n’est possible que si la société dégage un résultat net suffisant après IS.

La logique d’optimisation

Le principe est le suivant : verser une rémunération suffisante pour valider les trimestres de retraite et bénéficier d’une couverture sociale correcte, puis compléter par des dividendes pour le revenu additionnel. La rémunération optimale dépend du niveau de bénéfice de la société, du taux marginal d’imposition du dirigeant et de ses objectifs de protection sociale.

Mode de revenuCharges socialesFiscalitéDroits sociaux générés
Rémunération (salaire)~75-80 % du brutIR (barème)Oui (retraite, maladie, prévoyance)
DividendesAucunePFU 30 % ou barème IRNon

Les dispositifs d’épargne pour compléter

Le Plan d’Épargne Retraite (PER)

Le président de SAS peut alimenter un PER individuel ou collectif. Les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond annuel (10 % des revenus professionnels, plafonné à 8 PASS, soit environ 35 000 € en 2025). C’est un levier puissant pour réduire l’IR tout en constituant une retraite complémentaire.

L’intéressement en SAS unipersonnelle

Depuis la loi Pacte, une SAS avec un seul salarié peut mettre en place un accord d’intéressement. Si le président est le seul bénéficiaire, les sommes versées sont exonérées de cotisations sociales (dans la limite de 30 000 € par an) et déductibles du résultat de la société. C’est un outil d’optimisation très efficace pour les petites structures.

Les frais professionnels

La société peut prendre en charge les frais professionnels réels du président (déplacements, repas d’affaires, formation) sur présentation de justificatifs. Ces remboursements ne sont pas soumis aux cotisations sociales et réduisent le résultat imposable de la société.

💡 Conseil de l’expert Myne — Il n’existe pas de niveau de rémunération universellement optimal pour un président de SAS. La bonne combinaison dépend de votre taux marginal d’imposition, du résultat de votre société, de votre âge et de vos objectifs patrimoniaux. Une simulation annuelle, réalisée avec votre expert-comptable avant la clôture, permet d’ajuster le curseur au bon moment.

Les points de vigilance

Une rémunération trop faible expose le dirigeant à une faible protection sociale et à une retraite insuffisante. Une rémunération excessive par rapport au résultat peut déséquilibrer la trésorerie. Les dividendes doivent être distribués sur décision régulière en assemblée, après approbation des comptes : toute distribution sans base légale expose la société à un risque fiscal et social.

💡 Conseil de l’expert Myne — En cas de holding animatrice au-dessus de la SAS opérationnelle, la remontée de dividendes via le régime mère-fille (exonération à 95 %) puis la distribution au dirigeant depuis la holding peut offrir une optimisation supplémentaire. Ce montage doit être structuré avec soin pour ne pas être requalifié.

Besoin d’un accompagnement sur mesure ?

L’optimisation de la rémunération d’un président de SAS est un exercice annuel qui mérite une analyse personnalisée. Les experts de Myne vous accompagnent dans la construction d’une stratégie de rémunération adaptée à votre situation fiscale et patrimoniale.

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joachim benchimol expert comptable Myne

Joachim Benchimol

Expert-comptable & Commissaire aux comptes

Co-fondateur de Myne. Fort d'une expérience en audit légal, Joachim excelle dans la révision comptable, le contrôle interne et le conseil aux PME.

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