Myne est un cabinet d’expertise comptable et de commissariat aux comptes installé à Paris 17e. Nous suivons des illustrateurs, en édition, en presse et en commande. Votre revenu n’est pas un chiffre d’affaires ordinaire : il mêle des à-valoir, des droits proportionnels versés parfois des années plus tard, et des ventes d’originaux. Chacun de ces flux a son régime fiscal, son régime social, et parfois son taux de TVA propre.
Les enjeux propres au métier d’illustrateur
À-valoir et droits proportionnels : un seul contrat, deux temps
Un contrat d’édition prévoit généralement un à-valoir, avance sur les droits futurs versée à la remise, puis des droits proportionnels assis sur les ventes, versés après reddition de comptes annuelle de l’éditeur.
Trois conséquences pratiques :
- L’à-valoir n’est pas un honoraire mais une avance : il s’impute sur les droits générés par l’ouvrage, et n’est en principe pas remboursable si les ventes ne l’atteignent pas.
- Les droits proportionnels se rattachent à l’exercice de leur acquisition, la reddition de comptes en constituant la justification.
- La reddition de comptes est un droit : elle doit être annuelle et détaillée. Un illustrateur qui ne la réclame pas ne peut pas vérifier ses droits, et le sujet devient insoluble plusieurs années plus tard.
Traitements et salaires ou bénéfices non commerciaux
Les droits d’auteur intégralement déclarés par les tiers qui les versent, éditeurs et sociétés de perception, sont imposés selon les règles des traitements et salaires, avec l’abattement correspondant, sauf option expresse pour le régime des bénéfices non commerciaux.
L’option pour les bénéfices non commerciaux devient intéressante dès que les charges réelles, matériel, atelier, déplacements, cotisations professionnelles, dépassent l’abattement forfaitaire. Elle engage pour plusieurs années et suppose de tenir une comptabilité. Nous chiffrons les deux régimes sur vos chiffres avant de trancher, plutôt que de subir le régime par défaut.
Le régime social des artistes-auteurs et le précompte
Vos revenus de création relèvent du régime de sécurité sociale des artistes-auteurs. Les diffuseurs qui vous versent des droits opèrent un précompte des cotisations, sauf si vous justifiez de la dispense correspondante.
Le décalage entre précompte et cotisations réellement dues se régularise annuellement. Il faut donc vérifier les précomptes opérés et provisionner l’écart, faute de quoi la régularisation arrive comme une surprise. Nous rapprochons systématiquement les attestations de précompte des sommes déclarées.
Cession de droits, TVA et vente d’originaux
Trois régimes coexistent et se confondent souvent.
| Opération | Traitement TVA | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Cession de droits d’auteur par l’auteur | Taux réduit propre aux cessions de droits | Retenue de la taxe par le diffuseur, sauf renonciation |
| Vente d’une œuvre originale par l’auteur | Taux réduit applicable aux œuvres d’art | Notion d’original strictement définie |
| Prestation technique sans cession de droits | Taux normal | Requalification possible si l’apport créatif est absent |
La retenue de la TVA par le diffuseur simplifie la vie mais empêche de récupérer la taxe sur les investissements. Un illustrateur qui équipe son atelier a intérêt à examiner la renonciation à ce mécanisme.
Droit de suite et exploitations secondaires
La revente d’une œuvre graphique originale par un professionnel du marché de l’art ouvre au profit de l’auteur un droit de suite, perçu par une société de gestion collective. Il s’ajoute aux droits d’exploitation et se déclare comme tel. Les exploitations secondaires, réédition, adaptation, produits dérivés, doivent être expressément prévues dans le contrat : à défaut, elles ne sont pas cédées.
Notre accompagnement à chaque étape

Démarrage : qualifier et déclarer
Affiliation et régime d’imposition
Nous cadrons l’affiliation au régime des artistes-auteurs et chiffrons l’intérêt de l’option pour les bénéfices non commerciaux.
Lire les contrats avant signature
Étendue de la cession, supports, durée, territoire, exploitations secondaires et modalités de reddition de comptes conditionnent vos revenus futurs.
Décider du régime de TVA
Nous comparons la retenue par le diffuseur et la déclaration personnelle, au regard de vos investissements prévus.
Quotidien : revenus, précomptes et déclarations
Ventilation des revenus par nature
À-valoir, droits proportionnels, ventes d’originaux et prestations sont distingués dès la saisie.
Vérification des précomptes et reddition de comptes
Nous rapprochons attestations, redditions et déclarations, et signalons les redditions manquantes.
Déclarations fiscales et sociales
Déclaration de revenus, déclaration sociale des artistes-auteurs et TVA le cas échéant.
Provision de cotisations
Nous calculons l’écart entre précomptes opérés et cotisations dues, pour éviter la régularisation subie.
Développement : commandes, droits, diversification
Négocier une cession de droits
Nous chiffrons la valeur d’une cession étendue par rapport à une cession limitée, pour que le prix corresponde au périmètre réellement cédé.
Diversifier vers la commande commerciale
La commande d’entreprise obéit à d’autres usages tarifaires et parfois à un autre régime : selon ce qui est livré et selon l’étendue des droits cédés, l’activité reste celle d’un artiste-auteur ou bascule dans les bénéfices non commerciaux. Notre page graphiste freelance traite cette frontière et la facturation au forfait.
Vendre des originaux et des tirages
Nous distinguons le régime des œuvres originales de celui des reproductions, dont le traitement fiscal diffère.
Transmission ou cessation
Cesser ou transmettre
Les droits d’auteur survivent à la cessation d’activité et continuent de produire des revenus. Nous traitons leur déclaration après cessation et les obligations correspondantes.
Les outils connectés à votre activité
Facturation, suivi des droits et comptabilité
Nous connectons votre facturation, votre suivi des contrats et vos comptes bancaires à la comptabilité, avec un état des à-valoir non encore couverts par les droits générés.
Facturation électronique
Réception obligatoire depuis le 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027 pour les PME et microentreprises. Sous franchise en base, vous facturez sans TVA mais restez dans le champ du dispositif : notre page facturation électronique sans TVA sépare les statuts et indique les obligations attachées à chacun.
Si votre activité déborde de la commande d’illustration
Le régime social et fiscal de l’illustrateur est celui des artistes-auteurs. La page qui lui est consacrée reprend les cotisations, la TVA et le lissage des revenus d’une année sur l’autre, question qui se pose dès que les à-valoir et les redditions de comptes se succèdent de façon irrégulière : c’est l’objet de notre page artiste-auteur.
Si vous exposez et vendez des originaux par l’intermédiaire d’une galerie, c’est le régime de votre interlocuteur qu’il est utile de connaître : le dépôt-vente et la TVA sur la marge commandent le décompte qui vous est remis après la vente. Notre page galerie d’art les décrit.
FAQ : les questions fréquentes des illustrateurs
Quel est le tarif d’un expert-comptable pour un illustrateur ?
Il dépend du régime d’imposition, du nombre de diffuseurs et de l’existence de ventes d’originaux ou de prestations. Nous chiffrons après avoir vu une année de revenus.
Comment sont imposés les droits d’auteur ?
Selon les règles des traitements et salaires lorsqu’ils sont intégralement déclarés par les tiers qui les versent, sauf option pour le régime des bénéfices non commerciaux.
Quand opter pour les bénéfices non commerciaux ?
Dès que vos charges réelles, atelier, matériel, déplacements, cotisations, dépassent l’abattement applicable aux traitements et salaires. L’option engage plusieurs années et suppose une comptabilité.
Un à-valoir est-il remboursable ?
En principe non : il s’agit d’une avance sur droits futurs, imputée sur les droits générés par l’ouvrage, sauf clause contraire qu’il faut lire avant de signer.
Qu’est-ce que la reddition de comptes ?
L’état annuel détaillé que l’éditeur doit vous adresser, indiquant les ventes, les droits générés et les sommes dues. C’est la pièce qui permet de vérifier vos droits.
Qu’est-ce que le précompte ?
La retenue et le versement, par le diffuseur, des cotisations dues sur les droits versés. Il doit être vérifié et régularisé lors de la déclaration annuelle.
Quel taux de TVA sur une cession de droits ?
Un taux réduit propre aux cessions de droits d’auteur par l’auteur, distinct du taux normal applicable à une prestation technique sans apport créatif.
Faut-il renoncer à la retenue de TVA par le diffuseur ?
Cela devient intéressant lorsque vous investissez, la retenue empêchant de récupérer la taxe sur vos achats. La renonciation est expresse et engage pour une durée déterminée.
Qu’est-ce que le droit de suite ?
Un droit à percevoir un pourcentage du prix lors de la revente d’une œuvre originale par un professionnel du marché de l’art, perçu par une société de gestion collective.
Les exploitations secondaires sont-elles automatiquement cédées ?
Non. Réédition, adaptation et produits dérivés doivent être expressément prévus au contrat, avec mention des supports, de la durée et du territoire. À défaut, ils ne sont pas cédés.
Sources officielles
- CGI, article 93, 1 quater : imposition des droits d’auteur selon les règles des traitements et salaires et option pour les bénéfices non commerciaux.
- Code de la sécurité sociale, articles L. 382-1 et R. 382-1 : régime des artistes-auteurs.
- Code de la sécurité sociale, article R. 382-27 : précompte des cotisations par le diffuseur.
- CGI, article 279, g : taux réduit applicable aux cessions de droits d’auteur.
- CGI, article 278-0 bis, I : taux réduit applicable aux œuvres d’art originales cédées par leur auteur.
- CGI, article 285 bis : retenue de la TVA due par les auteurs et faculté de renonciation.
- Code de la propriété intellectuelle, articles L. 122-8, L. 131-3 et L. 132-13 : droit de suite, formalisme de la cession et reddition de comptes.
Mise à jour le 6 septembre 2026.
Parler de votre activité avec Myne
Une année de revenus, vos attestations de précompte et un contrat d’édition suffisent à dire quel régime d’imposition vous coûte le moins, si vos précomptes sont corrects et ce que vous avez réellement cédé. Écrivez-nous.



